Joseph Gavroye, le chantre de Regné

Joseph Gavroye, un enfant de Regné (voir section sobriquets : « A mon T'chophile ») n'était pas chantre de l'église de Regné. Ce surnom lui a été attribué en reconnaissance pour tout ce qu'il a écrit sur la Haute Ardenne de son époque et particulièrement durant la dernière guerre mondiale.

S'il a été surnommé le « Chantre de l'Ardenne » il a surtout été le « Chantre de Regné » tant il a aimé son village et tant il a écrit à son sujet et au sujet de l'Ardenne. Il est l'auteur de nombreux livres, extraits de presse, papiers et autres souvenirs qu'il a publiés ou qu'il a simplement écrits pour sa famille ou ses amis.

Joseph nous a malheureusement quitté fin 2016. Joseph avait le mérite d'être très prolixe sur sa région et sa mémoire ne lui faisait pas défaut en ce qui concerne les mille et une anecdotes qui ont marqué sa vie. Nous en reproduisons quelques extraits dans ces pages.

Victor Denis, Joseph Gavroye et Gaston Laurent — les amis d'alors
Victor Denis, Joseph Gavroye (au centre) et Gaston Laurent — les amis d'alors. Ces trois-là sont restés liés jusqu'au bout : ils se retrouvaient chaque année en couple pour leurs traditionnelles « retrouvailles ».
Joseph Gavroye devant le fortin des Fagnes
Joseph Gavroye devant le fortin des Fagnes (25 août 2010)

Vie de village

Au temps des enfants de chœur en Haute Ardenne

« Au XX° siècle, dans notre haute Ardenne, les garçons en âge d'école primaire servaient le curé pendant la messe.

C'était presque un honneur de s'habiller avec une robe soit rouge, soit noire, suivant la circonstance, plus un surplis blanc et un col à la couleur de la robe utilisée.

A l'époque, ce rôle était uniquement réservé aux garçons. Les filles y arriveront plus tard.

Lors des cérémonies exceptionnelles telles enterrements, mariages, etc., c'était l'enseignant qui désignait les élèves pour assurer le service.

Dans l'ensemble, l'acolyte, en plus de servir le prêtre, avait aussi la charge de faire sonner les cloches. A cette occasion, certains en profitaient pour tirer la corde au maximum vers le bas. La cloche mise en branle regagnait sa place en tirant la corde vers le haut. Les plus adroits s'agrippaient à la corde et remontaient jusqu'à un certain niveau avant de se laisser glisser vers le bas ; c'était tout un art !

Durant la semaine sainte, les cloches ne sonnaient pas et les acolytes allaient de maison en maison pour annoncer l'heure des offices à l'aide d'une crécelle. En récompense, le samedi saint, la sonnerie des cloches étant rentrée dans l'ordre, les braves acolytes récoltaient les œufs de Pâques à l'aide d'une manne en vue de se les partager. C'était une récompense !

Il faut dire aussi que des processions étaient organisées à certaines occasions. C'est une affaire presque oubliée de nos jours.

Voici une petite anecdote personnelle.

Pendant la guerre 1940-1945, j'avais environ 12 ans. Le curé avait pour mission, entre autres, de porter la communion aux personnes âgées ou malades à leur domicile. Je fus désigné un jour pour accompagner le curé. Je devais pour ce faire agiter une sonnette d'une main et porter une lampe tempête allumée de l'autre. Chemin faisant, on entendit des pas de chevaux au loin, sur la route nationale. L'aube se levait à peine. Le curé m'intima l'ordre d'éteindre la lampe vu que c'était interdit par l'occupant. Il s'agissait d'une escouade de soldats allemands. Comme je n'arrivais pas à éteindre la lampe en question assez rapidement, le curé expédia l'engin d'un coup de pied magistral. Arrivés à hauteur des germains, ces derniers arrêtèrent leurs montures et portèrent la main à la casquette pour saluer notre entreprise avec respect.

Notre mission accomplie, nous devions retrouver la fameuse lampe et après moult recherches, nous la récupérions dans un bosquet d'orties. Elle était inutilisable vu le choc qu'elle avait dû encaisser. C'était la guerre et il fallait se débrouiller à certaines occasions. »

Joseph Gavroye

Le temps de Pâques de mon enfance

Enfants, on nous faisait croire que les cloches partaient à Rome pendant la semaine sainte !! Donc, pas de sonnerie au départ des clochers.

Dès le mercredi des cendres, plus de musique non plus pendant les offices. C'était le calme et la prière…

A l'époque (1930/1940), les gens des campagnes fréquentaient toujours les églises avec assiduité. Bien que les cloches ne fonctionnaient pas, il fallait avertir les croyants-pratiquants de l'heure des cérémonies. Le silence des cloches était alors corrigé par un autre système.

En effet, nous les acolytes (7 à 14 ans) en vacances de Pâques, nous devions assurer les horaires des messes à l'aide d'une crécelle. C'est-à-dire, équipés d'un moulinet tout en bois composé d'un rouleau à crans (genre d'engrenages) fixé dans un boîtier se terminant par un manche court à son extrémité. En actionnant ce dernier, l'ensemble tournait sur lui-même. Une planchette fixe était adaptée pour se frotter au rouleau denté et par ce mouvement circulaire un bruit strident était émis. Entre nous, on appelait l'engin en question « tarata ». Il y avait lieu d'aller annoncer la chose de maison en maison. Le travail était réparti entre équipes de 2 à 3 « tarateurs ». Les gens étaient avertis de l'heure exacte des offices. Cette besogne était réalisée 2 à 3 fois par jour du mercredi des cendres au samedi saint au matin.

Pendant la messe du samedi, les cloches étaient, en principe, rentrées de leur « voyage ». Dès que l'on entonnait le chant du Gloria, toutes sonneries étaient mises en branle, allant de la clochette agitée par un acolyte jusqu'à la sonnerie des cloches dans le clocher. De même l'organiste relançait la musique pour accompagner les chants. C'était la Résurrection.

A l'issue de l'office, les « tarateurs » se regroupaient et, à l'aide d'une clochette moyenne, ils signalaient leur passage en allant, tous ensemble, de maison en maison. Ils portaient aussi une grande manne en osier afin de récolter des œufs de Pâques et accepter quelques pourboires. C'était bien là une récompense pour les déplacements des jours précédents.

Vers midi, la tournée de ramassage terminée, le groupe se rendait au presbytère où le curé présidait au partage du « butin ». Chacun rentrait chez lui avec son lot d'œufs ainsi qu'une menue monnaie et satisfait du travail accompli.

Le lendemain, c'était Pâques et d'autres occupations étaient prévues pour le service à l'autel.

P.S. Après le « taratage », on rentrait à l'église pour servir à la messe. On prenait soin de garder la crécelle à portée de main. De temps à autre un « loustic » faisait faire un petit tour au rouleau. Le son se répercutait dans l'édifice ce qui dérangeait le curé. Ce dernier cherchait le coupable mais tout le monde était figé comme un saint. C'était de l'enfantillage… Hélas ces temps sont révolus.

Joseph Gavroye, avril 2012

Un facteur « auxiliaire »

Que la Poste a bien changé en quelques décennies. En effet, en son temps, le facteur de campagne avait la tâche de distribuer le courrier de village en village. Il devait, pour ce faire, se déplacer à pied accompagné d'une canne. Il portait attaché à une grosse sangle en cuir passant à travers les épaules un immense sac de même nature rempli de courriers en tous genres tels journaux, cartes postales, lettres diverses, etc. Heureusement, la publicité était encore plus ou moins absente.

Notre facteur, Edouard Lesenfants, la bonne cinquantaine, avait ainsi la charge du courrier destiné à Regné et à Fraiture. Il était en route par tous les temps. Cela se passait fin des années 1930, début 1940. Nous habitions une des dernières maisons du village de Regné, en face de la voie de Fraiture (lu voye du Fraîture), chemin en terre battue.

A l'époque du Nouvel An, le brave facteur, en plus de relever la boîte aux lettres publique fixée au mur d'une maison, il devait aussi accepter les cartes au domicile des villageois afin de regrouper le tout pour l'envoi définitif.

Arrivé chez nous, Edouard était déjà surchargé. Vu que c'était l'époque des vacances de Noël, le brave facteur me confiait toutes les cartes prélevées en me confectionnant un colis. J'étais alors chargé de transporter ce dernier au bureau postal à Hébronval, à environ 2 kilomètres à pied. En récompense, Edouard m'offrait royalement 1 franc belge, pour effectuer la course, cela le soulageait d'un certain fardeau à porter ainsi que pour le bureau dans son travail d'oblitération.

Après avoir bu soit une tasse de café ou un bol de soupe, le facteur continuait sa tournée vers le village de Fraiture. Il y avait parfois de la neige, ce qui ne facilitait pas les choses.

De mon côté, grand garçon que j'étais, bien emmitouflé, botté et un béret alpin sur la tête (pas de képi vu que je n'étais pas fonctionnaire attiré), je me rendais à l'endroit prévu pour y déposer le colis précité.

Au retour, je profitais du pourboire qui m'avait été alloué, pour me payer un bâton de chocolat. J'étais surtout intéressé par les images (chromos) à l'intérieur de l'emballage. J'étais déjà un peu collectionneur. Actuellement, à l'âge mûr, j'ai toujours la passion des albums de photos de famille.

En plus de tout cela, une autre récompense m'attendait. A la bonne saison, Edouard de retour de sa tournée, à Fraiture, vers 13 heures, me chargeait sur le cadre de son vélo pour me rendre à l'école située à 1 kilomètre ; c'était en descente. C'était de la solidarité entre deux comparses…

De tout cela, il paraît qu'un règlement était en vigueur. Les facteurs de campagne devaient, en principe, exécuter leurs tournées à pieds. Heureusement certaines ruses étaient mises en pratique par les intéressés. Dans mon village de Regné, par exemple, une famille habitait un ancien moulin isolé de 2 kilomètres environ. Un arrangement était convenu entre l'occupant des lieux et le facteur pour que le courrier soit déposé chez un villageois où il était enlevé au passage de l'intéressé.

Un jour un contrôleur des Postes accompagne le facteur pour faire sa tournée. Cela sera effectué pédestrement comme le voulait le règlement. Le malin facteur, ce jour-là, porta le courrier au domicile éloigné d'où un fameux détour « légal ». Le stratagème avait réussi. Le lendemain, la bicyclette fut à nouveau utilisée. Peut-être autorisée ?

Viendra ensuite au fil des ans le vélo-moteur. Actuellement la camionnette. Peut-être un jour l'hélicoptère sera-t-il d'usage ? En attendant, restons sages…

Joseph Gavroye, janvier 2012

Le temps passé, mon enfance et mon adolescence…

Dans les années 1930, nous venions de quitter le village de Les Tailles pour nous installer à Regné dans la ferme prise en location par mes parents.

Pour ces derniers c’était un peu le dépaysement, quoique…

De nombreux villageois de Les Tailles vinrent leur rendre visite vu que c’était un chemin obligé pour se rendre à Vielsalm, Salmchâteau ou Lierneux où se trouvaient les commerces (quincaillerie, de matériel de ferme, etc) et aussi les médecins et pharmaciens.

Ces anciens voisins de passage arrivaient chez nous pour la plupart à pied, parfois à vélo, en utilisant des chemins de traverse très fréquentés à l’époque. Il y avait aussi la possibilité d’utiliser le vicinal (tramway) Lierneux-Vielsalm. Celui-ci se trouvait à une distance d’environ deux kilomètres de Regné. C’était aussi l’occasion de changer les chaussures ayant servi parfois dans des endroits boueux.

L’accueil typiquement ardennais jouait ainsi son rôle. On offrait la tasse de café qui mijotait dans la cafière sur le coin de la cuisinière. Ainsi le lien entre anciens voisins de village n’était pas tout à fait rompu, bien au contraire.

D’un autre côté, pendant de longs mois des débardeurs en provenance de Les Tailles procédaient au débardage d’une coupe de bois située près de Regné. Ils en profiteront pour loger leurs chevaux dans nos étables pour la nuit. Le contact avec les anciens amis et voisins continuait de cette façon d’exister. C’était une bonne entente, c’était l’amitié et l’entraide…

Deux bûcherons, Edouard Henrottin et son fils Gustave de Dochamp seront aussi occupés pendant un certain temps à l’abattage de gros hêtres et chênes dans une forêt des environs. Étant donné la distance entre leur village et le lieu de travail et vu qu’ils étaient connus de mes parents, il éliront domicile chez nous dans une chambre qui leur était réservée pour se reposer et passer la nuit.

Gamin que j’étais (7 à 8 ans), je profitais pleinement de tous ces contacts entre gens du pays et cela en parfaite symbiose avec tout le monde. J’aimais fraterniser avec mon entourage. Étant curieux de nature, je prenais part à cette franche camaraderie. Un jour, je sollicitais les deux bûcherons pour les accompagner à travers monts et vallées pour rejoindre leur lieu de travail, ce qu’ils acceptèrent. Malheureusement, sur notre chemin coulait un ruisseau dont la hauteur d’eau avait augmenté en cette période hivernale. Un vrai dilemme se posait pour moi : soit me mouiller, soit utiliser des gros cailloux pour franchir le passage à gué sans se mouiller… Le père Henrottin, homme d’une cinquantaine d’années n’hésita pas un instant et me prit à califourchon sur ses épaules pour traverser la rivière et gagner ainsi l’autre rive… La même scène se répéta au retour en fin de journée. J’étais alors fier de raconter l’aventure aux miens en rentrant. Quel bel esprit régnait entre nous tous. L’entraide était de mise à tout instant.

Ces deux braves resteront nos hôtes pendant quelques mois pour accomplir leur travail. C’était deux types courageux. Hélas pour Gustave, fils si doux et si brave, il trouvera la mort en tant que jeune soldat le premier jour de la guerre le 10 Mai 40. Il avait 22 ans, la fleur de l’âge…

Cela se passa le 12 mai 40. Une bataille s’était déroulée dans notre ancien village de Chabrehez. Ce jour-là, mon père s’étant rendu dans le coin pour prendre des nouvelles de deux de ses filles y habitant toujours, il trouvera les lieux vides de tout habitant. En visitant l’endroit où les combats firent rage l’avant veille, il découvrira le corps du malheureux Gustave, tué près de sa mitrailleuse. Ce fût un coup dur pour mon père : un ami tellement considéré de tous de par sa gentillesse et sa bonté…

Gustave sera enterré dans son village de Dochamp par la suite. Triste sort pour ce garçon.

A ce propos, en 2010, soit 71 ans après ces tristes événements, une de ses voisines, lors d’un entretien téléphonique me fera part du triste sort de la tombe de Gustave qui était totalement à l’abandon. J’en fus bouleversé et du coup, j’en parlais au Bourgmestre, lequel n’était pas au courant… Promesse sera faite de donner une suite favorable ce qui n’était que justice pour ce héros local qui avait donné sa vie pour la patrie. Affaire à suivre donc…

En ce qui concerne mon enfance, cadet d’une famille nombreuse (j’avais 12 sœurs !) je fréquentais souvent les adultes.

En 1934 fût créée une nouvelle caserne militaire à Rencheux (Vielsalm) qui allait devenir le fief du 3e Chasseur ardennais. Dès lors, des jeunes recrues procédaient souvent à des manœuvres dans les villages et campagnes des environs. Notre ferme possédait une grande cour carrée au bord de la route nationale et à l’heure de midi, les militaires y installèrent un jour une cuisine ambulante. C’est au son du clairon que la troupe dispersée tous azimuts se rassemblait pour le repas du midi. Ma curiosité légendaire m’obligeait à être présent bien sûr. Je fraternisais donc avec tous ces « convives » forcés et la camaraderie fera le reste… Le repas terminé, la troupe allait reprendre ses positions. Personnellement, j’étais en extase devant tout ce déploiement de troupes devant tous ces jeunes militaires…

A cette époque, je fréquentais l’école du village. Chaque jour de classe, je devais m’y rendre à pied ce qui faisait un aller retour d’environ un kilomètre. Certains jours j’usais de ruse et vu que la route descendait vers l’école (on l’appelait « la Rampe »), je profitais d’un vieux facteur rentrant de sa tournée à bicyclette pour me faire transporter sur le cadre de son vélo. Nous étions ainsi devenus complices et je lui rendais l’ascenseur durant les vacances d’hiver par temps de fortes neiges, en l’aidant à porter des colis de courrier à la poste à 2 kilomètres, ce qui l’allégeait quelque peu dans son déplacement vers le village de Fraiture… J’étais payé un franc pour la peine ! Ce qui me permettait de m’acheter une barre de chocolat comprenant les images (collectionneur que j’étais déjà).

Dans un autre registre, j’étais aussi souvent enfant de chœur à la messe dominicale. A l’époque, l’enseignement était obligatoire jusqu’à 14 ans. Dès mes 14 ans donc, l’instituteur, homme bien intentionné, proposa à mon père de m’inscrire dans une école d’art vu que j’étais doué en dessin. Le paternel, ne faisant pas confiance aux métiers d’artiste ne l’entendit pas de cette oreille et il proposa plutôt de me faire entreprendre des études plus poussées. Il devait se raviser assez vite pour disons des raisons alimentaires et tout fut annulé. Il me restait à m’occuper des travaux secondaires de la ferme, lui-même gardant la maîtrise de tout. Comme je l’ai dit plus tôt j’étais le plus jeune d’une famille nombreuse. Mon père et moi avions 54 ans de différence et l’entente n’était pas parfaite. J’étais bien sûr déçu de sa décision ; mais à l’époque, le respect des décisions parentales était sacré. Dure période à vivre donc dans mon adolescence… Je serai orphelin de mon père à mes 18 ans et je serai émancipé, devenant donc majeur plus tôt que prévu. Je me lancerai par la suite dans des cours de comptabilité par correspondance tout en assumant les travaux à la ferme. Je m’orientais vers un tout autre avenir ; mais cela, c’est une autre histoire…

Il est loin ce temps de mon enfance, mais que de beaux souvenirs…

Joseph Gavroye, juillet 2011

La guerre vue du village

Affaire d'avions en temps de guerre

Cela se passait dans les années 1938/1939 déjà. Certains jours, lorsque le ciel était bien dégagé, on apercevait des traînées blanches dans le ciel à haute altitude. D'aucuns prédisaient un avant-goût de guerre en supposant que ces avions étaient en train de photographier de très haut les objectifs de défenses militaires.

En 1940, dès le printemps, ces signes devenaient de plus en plus nombreux à apercevoir. En mai ce fut la catastrophe et la guerre. Que de formations d'avions bombardiers allemands furent aperçues se dirigeant d'est en ouest vers l'Angleterre. Plus près de nous, des stukas n'hésitaient pas à mitrailler, en piqué, les colonnes des évacués civils mêlées aux troupes en mouvement.

Puis vint la capitulation…

En 1941, légère accalmie du côté du ciel. L'Occident avait en grande partie baissé les armes. C'était l'occupation…

Tout à coup, les Alliés se ressaisissent et à leur tour, ils vont bombarder le Reich. Ils obtiennent la maîtrise de l'air. C'est ainsi que chaque nuit, de nombreuses formations de bombardiers alliés se rendent d'ouest en est cette fois-ci.

Gamin de 13/14 ans à l'époque, j'étais avec quelques compagnons de mon âge. Nous décidions de compter les nombreuses formations de bombardiers qui sillonnaient le ciel. Nous essayions de faire nos comptages. Ce n'était pas simple en restant debout sur nos jambes vacillantes. Un ancien de passage et personnage futé, nous indiqua la façon de nous y prendre pour plus de facilité dans nos calculs. Il suffisait de se coucher sur le dos à même le sol. De cette position, notre corps était plus stable et le comptage plus précis. Certaines formations de ces forteresses volantes pouvaient dépasser la centaine d'appareils sans compter les nombreux avions chasseurs d'escorte.

Tout ce mouvement aérien ne sera pas toujours très commode ni sans risques. En effet, la chasse allemande venait souvent semer le trouble en essayant de barrer la route du ciel aux assaillants aériens d'Outre-Manche. La D.C.A. allemande faisait aussi son boulot. A cause de cela, des bombardiers alliés étaient touchés et bien qu'essayant de regagner leur base de départ en Angleterre, il leur arrivait parfois de devoir s'alléger de leurs bombes éventuelles en cours de route.

C'est de cette façon qu'une nuit, un avion en difficulté lâchera quatre bombes sur le village de Regné. Ces dernières touchèrent de plein fouet l'école communale et ses annexes. Heureusement, c'était la nuit et il n'y eut pas de blessé ni de tué parmi les villageois. Le bâtiment en lui-même sera fort ébranlé et d'une telle manière qu'il ne fut plus habitable. L'avion avait, quant à lui, tout à fait disparu dans la nuit.

D'autre fois, des combats aériens avaient lieu et l'un ou l'autre appareil était abattu dans la bagarre. C'est ainsi qu'un jour un chasseur allemand tomba en pleine campagne entre Regné et Bihain (au lieu-dit « Fleuri »). L'appareil ayant piqué du nez, il s'enfonça dans le sol en créant un véritable cratère. C'était une « curiosité » et les enfants des écoles primaires des villages environnants, accompagnés de leurs maîtres, venaient à tour de rôle examiner l'impact.

Dans le fond du trou ainsi creusé on apercevait un peu de fumée. Le pilote s'était éjecté avant la chute de l'appareil et il sera retrouvé mort à quelques mètres de la chute. « L'occupant » exigera de la commune de prévoir une garderie de l'endroit en désignant des civils pour ce faire.

L'accident ayant eu lieu un vendredi après-midi, ce ne fut que le dimanche, dans la matinée, qu'une explosion eut lieu. Un feu couvait dans les débris de l'appareil entrés dans le sol et des parties de ceux-ci s'éparpillèrent dans les alentours.

Au même moment, un orage venait d'éclater et les « gardes » étaient allés se protéger de la pluie dans un hangar situé à quelques mètres. Les braves l'avaient échappé belle. Que dire si la chose était arrivée lors de la visite des enfants des écoles ? Le feu avait sans doute rejoint les réservoirs de kérosène ou la soute à munitions. Peut-être aussi la foudre pendant l'orage ?? Heureusement, on ne compta ni blessé ni tué.

Un autre jour, des combats aériens se déroulaient dans la région de Verleumont et deux jeunes filles travaillant aux champs furent tuées dans la mitraillade.

D'autres avions chuteront pendant cette période de guerre dans un certain rayon tel que : une forteresse volante à Ottré, une à Arbrefontaine, une autre à la Baraque de Fraiture « près de la future piste de skis ». Les débris d'un avion de chasse U.S. seront découverts dans le Bois de Groumont entre les moulins de Regné et d'Ecdoval (Lierneux). Pendant l'hiver, un chasseur allemand piloté par un major chutera à Petites-Tailles dans les bois situés à l'orée de la route de Houffalize. Il sera découvert par des autochtones passant par là tout en dégageant la neige de la route à l'aide d'un chasse-neige en V tiré par des chevaux. Ces passants apercevant l'appareil tombé dans une partie faiblement boisée, ils voulaient se rendre compte de ce qu'il s'était passé. Ils découvrirent dans la carlingue le pilote blessé et ils arrivèrent à le dégager et de lui permettre de recevoir des soins. Ce dernier leur sera reconnaissant pour leur acte de bravoure.

C'était la guerre venant des airs. Que d'autres épaves d'avions seront encore découvertes dans bien d'autres lieux.

En Allemagne même c'était l'enfer à cause des bombardements incessants des Alliés. C'était bien là le revers de la médaille de 1940. Souvent la nuit, en période estivale, fenêtres des chambres ouvertes, on entendait passer ces formations de forteresses volantes dont les moteurs surpuissants grondaient pendant de longues minutes. Après quelques temps, on percevait le « tonnerre » des bombardements effectués dans les endroits les plus rapprochés de la frontière. Il fallait donc trouver un de ces systèmes pour mettre fin à cette maudite guerre.

J'en termine ainsi mon histoire concernant cette aviation des années 1938… à 1945.

P.S. Fin de la guerre, les Allemands lancèrent des bombes volantes V1 et V2. Personnellement, je vis une de celles-ci tomber vers Banneux-Lierneux en plein jour. Un bruit infernal de moteur se fit entendre dans le ciel. Tout à coup, le bruit s'arrêta et j'aperçus l'engin qui, n'étant plus propulsé, eut tendance à faire demi-tour et il chuta vers le sol où il explosa dans une gerbe de feu éblouissante. Il n'y eut pas de victimes.

Joseph Gavroye, avril 2008

Chute d'un bombardier américain
Villageois sur le site du crash d'un bombardier américain, hiver 1943-1944

Ah, ce sacré copain d'Alix Backus !! A cause de ses derniers articles, il rouvre mon esprit à cette triste période de guerre. Eh oui, je me rappelle aussi de la chute d'un avion US dans les environs d'Arbrefontaine…

En effet, j'avais 14 ans à l'époque. C'était durant l'hiver 1943/1944. Grand garçon déjà, j'avais été admis par le cantonnier des Ponts et chaussées pour aider à dégager la neige à la pelle avec un groupe de villageois entre Regné et la Baraque de Fraiture. Que de congères à cette époque et une vieille sorcière (traîneau en V) tirée par de robustes chevaux de labour.

Notre travail consistait à redresser des tas de neige qui s'étaient amoncelés par le vent du nord à certains endroits critiques. Nous nous trouvions à quatre « trappeurs », un jour après-midi, occupés à cette besogne. Il avait gelé très fort. Il y avait un beau soleil et un vent faible était ressenti. Il faisait même assez calme.

Tout à coup, un bombardier américain quadrimoteurs vint nous survolant à basse altitude. Nous l'observions et il tournait en rond tout en perdant de l'altitude. Il fit deux ou trois passages dans ces conditions avant d'aller s'abattre, comme déjà dit, dans les environs d'Arbrefontaine. Entre nous, nous émettions quelques commentaires, tels que : que sont devenus les membres d'équipage ?… De toute façon, nous ne pouvions pas intervenir vu l'éloignement du lieu de la chute de ce gros oiseau métallique.

Nous reprenions alors notre travail dans le calme revenu. Quelques minutes plus tard, nous voyons arriver, en provenance de la Baraque de Fraiture, une petite voiture (kübelwagen), transportant quatre soldats allemands. Ces derniers étaient équipés de lunettes d'approche et possédaient des cartes géographiques.

Eux aussi avaient repéré la chute de l'avion U.S. et ils nous demandèrent la route pour se rendre sur le lieu de l'impact. L'aîné d'entre nous, qui avait fait la campagne des 18 jours en mai 1940 (rentré blessé), répondit à nos interlocuteurs. Il leur renseigna le chemin le plus court par Lierneux via les Longs Sarts. Sachant que cette route était fermée pour cause des chutes abondantes de neige, un de nous, plus jeune, voulut faire remarquer la chose mais notre aîné, en question, nous fit des yeux noirs. Nous avions compris l'astuce.

Les Schleus nous remercièrent en nous saluant et ils continuèrent leur route…

De l'endroit où nous nous trouvions, nous avions une vue de +/- 2 kilomètres à vol d'oiseau, vers la route des Longs Sarts et nous pouvions apercevoir la petite voiture allemande bloquée dans les neiges. Notre ancien nous expliqua la raison pour laquelle il avait, volontairement, mal renseigné les intrus. De cette façon, il avait ainsi empêché l'arrivée des allemands auprès de l'avion U.S., laissant le temps aux aviateurs éventuels de se sauver. Le brave, il possédait l'expérience de la guerre. C'était gagné pour nos amis les Alliés.

Qu'étaient-ils devenus ??? Voir peut-être le récit d'Alix Backus dans « Le Casque ».

Joseph Gavroye

Notre première libération en 1944

C'est le 10 septembre que nous serons libérés de l'occupant allemand. Les Germains reculaient vers leur mère patrie. Ils espéraient pouvoir se regrouper pour la défendre. Des accrochages auront lieu par endroits avec le maquis local.

Pour ma part, j'allais avoir 15 ans en novembre et j'avais pour ainsi dire fini ma croissance (1m70). C'était un dimanche matin. Quelques rares tanks allemands étaient en retraite vers l'Est. La mine de leurs occupants n'était pas rassurante. Il valait mieux ne pas trop se montrer.

Un voisin (*), un peu plus âgé que moi avait été réfractaire au travail en Allemagne pendant l'occupation et il avait pris le maquis. Sur le conseil mutuel de nos parents, nous irons tous les deux nous cacher dans un abri créé par le père de mon comparse qui était maçon de profession. Nous gagnerons ainsi une ancienne carrière désaffectée laquelle était en surplomb de la route nationale et du village de Regné. Nous y resterons tapis dès le matin jusqu'à vers 16 heures. Des obus venaient de temps à autre éclater dans les parages.

En ce qui nous concernait nous étions bien protégés dans notre repère. Après des heures d'attente, dans un certain silence, nous entendîmes un bruit continu de moteurs en provenance de l'Ouest. Nous tendîmes l'oreille quand tout à coup nous perçûmes des cris de « vive les alliés » venant du village en contre-bas de notre cachette. L'avant-garde U.S. était bel et bien arrivée. De notre côté, nous restâmes dans notre refuge. Puis des cris rapprochés se firent entendre dans notre voisinage. Deux de mes sœurs vinrent nous héler pour nous avertir de la bonne nouvelle. Toutefois nous restions sur nos gardes avant de nous montrer. Avant de sortir, le copain désira enfiler sa combinaison de maquisard pour se présenter aux libérateurs. A peine avions-nous marché quelques pas dans un chemin creux, que nous aperçûmes deux militaires à faible distance. Ils portaient un genre de casque que nous ne connaissions pas. De peur de nous retrouver en face de deux Allemands, nous nous dissimulâmes en hâte dans un buisson avec l'intention, pour mon voisin, d'enlever au plus vite la fameuse salopette précitée. Ce ne sera pas une sinécure, vu l'étroitesse des lieux. Nous y resterons coincés un certain laps de temps. Ne nous voyant pas arriver, mes sœurs revinrent à notre recherche et nous leur signalâmes notre cachette improvisée. Elles nous rassurèrent en nous précisant qu'il s'agissait de deux éclaireurs U.S. Elles nous invitèrent à les accompagner et nous serons mêlés aux alliés sortant de partout. Ce qui devait m'impressionner ce sont les jeeps tous terrains.

Bien plus tard, à l'âge de 75 ans, j'aurai l'occasion de piloter enfin cet engin pendant un court temps. J'étais comblé.

A peine rentrés au domicile, des tirs en provenance de l'Est se feront entendre. Immédiatement des tanks U.S. ripostèrent ce qui ne devait durer que quelques minutes. Une ligne de front sera établie par les troupes U.S. à Regné pour la nuit. Que de trous d'hommes seront creusés tous azimuts. Quel déferlement de troupes alliées. Nous étions « en principe » libérés et on passa une nuit blanche en compagnie de certains de ces libérateurs. Le lendemain matin, toute cette armada militaire se remit en route vers la Germanie. Tout le monde croyait que c'en était fini de cette occupation. Hélas, pour les Ardennais, tout sera remis en cause trois mois plus tard par « l'offensive dite Von Rundstedt ». Ce fut une véritable catastrophe, mais c'est une autre histoire.

(*) François Michel

Joseph Gavroye

Seconde libération en janvier 1945

Le comportement des G.I's Américains n'était plus du tout le même que lors de notre première libération en septembre 1944. Cette fois-ci, ils devaient combattre pour récupérer, mètre par mètre, le terrain qu'ils avaient abandonné à Noël. En plus, ils avaient froid. Des chutes de neige abondantes n'arrangeaient pas leur avance. Il faut dire aussi que la plupart d'entre eux avaient une allure redoutable. Parfois ils étaient méchants envers la population déjà éprouvée par les événements qu'elle venait de subir. La mentalité des Yankees avait donc bien changé. Ils prenaient, par exemple, un malin plaisir à briser les quelques meubles encore existants afin d'alimenter au plus vite leurs feux de bivouac. Par contre, il leur arrivait aussi d'aider les malheureux civils rescapés en leur procurant des victuailles de leurs surplus tels pain, cacao, soupe militaire… etc.

Après de rudes combats, la Belgique sera enfin libérée entièrement fin janvier 1945. Mais l'affaire avait été calculée avec cette funeste Offensive dite « Von Rundstedt », bataille du saillant comme elle était appelée par les Américains. Les troupes allemandes et leur matériel avaient été décimés. La porte pour rentrer en Allemagne était maintenant grande ouverte pour gagner le Rhin. Le fameux « risque calculé », prévu en septembre 1944, avait porté ses fruits. Pour y arriver, tout le monde, aussi bien les belligérants que les civils, avaient dû en payer le prix.

Enfin, le 8 mai 1945, la reddition sans condition des armées du 3° Reich, mettait un terme à cette guerre. La paix était revenue en Europe pour longtemps. Au fil des jours, les prisonniers de guerre seront rapatriés et les camps de concentration seront ouverts. Hélas, certains ne retrouveront pas leur famille au complet. Que de victimes avaient perdu la vie entretemps.

Après des années de réflexion, je voudrais apporter mon propre sentiment. Toute cette misère occasionnée à des civils innocents était due aux décisions prises par les Grands Stratèges Militaires. Les Ardennais furent bel et bien sacrifiés. En Belgique, le gouvernement n'aura guère de réaction à cet état de fait. L'Ardenne, région pauvre et peu peuplée, sera négligée. Priorité sera donnée au retour des diamantaires à Anvers, ceux-ci menaçaient de se délocaliser vers d'autres pays. En plus, à Bruxelles, était venu le temps de mettre sur pied certains décrets (la sécurité sociale et autres). Toutefois, après coup, et vu le désastre provoqué par cette offensive, il faudra prévoir « les dommages de guerre ». Ces derniers tarderont à se concrétiser. Mes parents, par exemple, ne seront indemnisés qu'en 1957, soit douze années plus tard. En laissant revenir les troupes teutonnes, des massacres seront perpétrés par vengeance dans certains endroits (v. Bande et dans d'autres lieux). L'ennemi était en possession de listes de résistants qui les avaient accrochés lors de la retraite de septembre 1944. Des troupes avaient été formées à cet effet. Par contre, en Alsace, les Alliés se proposaient d'y abandonner du terrain. Mais là, De Gaulle s'y opposa farouchement. Après de sérieuses entrevues, la manœuvre sera évitée. La France veillait au grain, on ne faisait pas n'importe quoi.

Que conclure de tout cela. Un de mes amis ayant pu consulter des archives militaires aux U.S.A, a découvert les écrits du Général Bradley concernant la Grande Bataille d'Europe où il reprend certaines de ces décisions : « Le risque calculé qui fut le mien, je n'ai jamais regretté de l'avoir pris ».

Il fallait mettre fin à la guerre au plus vite pour retrouver la paix. Il y avait aussi peut-être là une occasion de gagner une étoile en plus. Pourquoi pas ?

Personnellement, cette triste « Offensive des Ardennes », que j'aurai subie comme tant d'autres, m'aura traumatisé jusqu'à la fin de ma vie.

J'avais 15 ans à cette époque.

Joseph Gavroye

Joseph Gavroye, de voorzanger van Regné

Joseph Gavroye, een kind van Regné (zie sectie bijnamen: « A mon T'chophile ») was geen voorzanger van de kerk van Regné. Deze bijnaam werd hem toegekend als erkenning voor alles wat hij geschreven heeft over de Hoge Ardennen van zijn tijd en in het bijzonder tijdens de laatste wereldoorlog.

Hoewel hij de « Zanger van de Ardennen » werd genoemd, was hij vooral de « Zanger van Regné », zo erg hield hij van zijn dorp en zoveel heeft hij geschreven over zijn dorp en over de Ardennen. Hij is de auteur van talrijke boeken, persknipsels, documenten en andere herinneringen die hij publiceerde of die hij eenvoudigweg schreef voor zijn familie of vrienden.

Joseph heeft ons helaas verlaten eind 2016. Joseph had de verdienste zeer productief te zijn over zijn regio en zijn geheugen liet hem niet in de steek wat betreft de duizend-en-een anekdotes die zijn leven hebben gekenmerkt. Wij reproduceren enkele fragmenten op deze pagina's.

Victor Denis, Joseph Gavroye en Gaston Laurent — de vrienden van toen
Victor Denis, Joseph Gavroye (in het midden) en Gaston Laurent — de vrienden van toen. Deze drie zijn vrienden gebleven tot het einde : elk jaar kwamen ze samen met hun echtgenotes voor hun traditionele « reünie ».
Joseph Gavroye voor het fortijn van de Fagnes
Joseph Gavroye voor het fortijn van de Fagnes (25 augustus 2010)

Het dorpsleven

De misdienaarstijd in de Hoge Ardennen

« In de twintigste eeuw dienden jongens op lagere schoolleeftijd in onze Hoge Ardennen de priester tijdens de mis.

Het was bijna een eer om een gewaad te dragen, in het rood of zwart naargelang de gelegenheid, met daarboven een wit superplie en een kraag in de kleur van het gewaad.

In die tijd was deze taak uitsluitend voorbehouden aan jongens. Meisjes zouden er later bij komen.

Bij bijzondere plechtigheden zoals begrafenissen, huwelijken enz. was het de onderwijzer die de leerlingen aanwees om de dienst te verzorgen.

Over het algemeen had de misdienaar, naast het bedienen van de priester, ook de taak de klokken te luiden. Bij die gelegenheid profiteerden sommigen om het touw zo ver mogelijk naar beneden te trekken. De klok die in beweging was gekomen, keerde terug naar haar positie door het touw omhoog te trekken. De handigheidjes grepen het touw vast en klommen tot op een bepaalde hoogte voordat ze zich lieten afzakken — een ware kunst!

Tijdens de Goede Week luidden de klokken niet en gingen de misdienaars van huis tot huis om de tijdstippen van de diensten aan te kondigen met een ratel. Als beloning, op Stille Zaterdag, als de klokken weer begonnen te luiden, raapten de brave misdienaars Paaseieren op in een mand om ze onder elkaar te verdelen. Dat was een beloning!

Er moeten ook vermeld worden dat er bij bepaalde gelegenheden processies werden georganiseerd. Dat is iets wat tegenwoordig bijna vergeten is.

Hier volgt een persoonlijk anekdoteje.

Tijdens de oorlog 1940-1945 was ik ongeveer 12 jaar. De priester had onder meer de taak de communie te brengen naar oudere of zieke mensen thuis. Op een dag werd ik aangewezen om de priester te vergezellen. Ik moest daarvoor een belletje schudden met één hand en een brandende stormlamp dragen met de andere. Onderweg hoorden we paardenhoeven in de verte op de rijksweg. De dageraad brak nauwelijks aan. De priester gaf me het bevel de lamp te doven, want dat was verboden door de bezetter. Het ging om een troep Duitse soldaten. Omdat ik er niet snel genoeg in slaagde de lamp te doven, gaf de priester hem een meesterlijke trap weg. Toen we de Duitsers bereikten, hielden ze hun paarden in en brachten de hand aan de pet om onze missie eerbiedig te groeten.

Na onze missie moesten we de beroemde lamp terugvinden en na lang zoeken vonden we hem terug in een brandnetelstruik. Hij was onbruikbaar geworden door de klap die hij had gekregen. Het was oorlog en soms moest men improviseren. »

Joseph Gavroye

De Paasdagen van mijn kinderjaren

Als kinderen lieten ze ons geloven dat de klokken tijdens de Goede Week naar Rome vertrokken!! Dus geen gelui vanuit de kerktorens.

Vanaf Aswoensdag was er ook geen muziek meer tijdens de diensten. Het was rust en gebed…

In die tijd (1930/1940) kwamen de mensen van het platteland nog altijd trouw naar de kerk. Hoewel de klokken niet luidden, moest men de gelovige praktisanten op de hoogte brengen van de tijdstippen van de plechtigheden. Het zwijgen van de klokken werd dan vervangen door een ander systeem.

Wij misdienaars (7 tot 14 jaar) hadden tijdens de Paasvakantie de taak de misuren aan te kondigen met een ratel. Dat wil zeggen, uitgerust met een houten molen bestaande uit een getand wiel (soort tandwielen) bevestigd in een behuizing met een korte greep aan het uiteinde. Door dit te draaien, draaide het geheel om zijn as. Een vaste plank was bevestigd om langs het getande wiel te schuren en door deze ronddraaiende beweging werd een schril geluid voortgebracht. Onderling noemden we het ding « tarata ». Het was de bedoeling dit van huis tot huis aan te kondigen. Het werk was verdeeld over ploegen van 2 à 3 « ratelaars ». De mensen werden op de hoogte gebracht van de exacte tijdstippen van de diensten. Dit karwei werd 2 à 3 keer per dag uitgevoerd van Aswoensdag tot zaterdagochtend voor Pasen.

Tijdens de Stille Zaterdag-mis waren de klokken in principe teruggekeerd van hun « reis ». Zodra het Gloria werd ingezet, werden alle klokken in beweging gebracht, van het belletje van een misdienaar tot het luiden van de klokken in de toren. Evenzo hervatte de organist de muziek ter begeleiding van de gezangen. Het was de Verrijzenis.

Na afloop van de dienst verzamelden de « ratelaars » zich en gingen met een middelgroot belletje van huis tot huis. Ze droegen ook een grote rieten mand om Paaseieren te verzamelen en wat fooi te aanvaarden. Dat was de beloning voor de verplaatsingen van de voorgaande dagen.

Rond de middag, na het rondgaan, ging de groep naar de pastorie waar de priester de verdeling van de « buit » leidde. Iedereen ging naar huis met zijn deel eieren en wat kleingeld, tevreden over het verrichte werk.

De volgende dag was het Pasen en andere taken stonden op het programma voor de altaardienst.

P.S. Na het ratelen ging men terug naar de kerk om bij de mis te dienen. Men zorgde ervoor de ratel bij de hand te houden. Af en toe liet een « grappenmaker » het wiel even draaien. Het geluid weerklonk in het gebouw en stoorde de priester. Die zocht de schuldige, maar iedereen stond als een heilige te kijk. Dat was kinderachtig… Helaas zijn die tijden voorbij.

Joseph Gavroye, april 2012

Een « hulp »-postbode

Hoe de Post veranderd is in enkele decennia. De plattelandspostbode had vroeger de taak de post van dorp tot dorp te bezorgen. Daarvoor moest hij te voet gaan, bijgestaan door een wandelstok. Hij droeg op een brede leren riem over zijn schouders een enorme tas van hetzelfde materiaal, gevuld met allerlei post zoals kranten, briefkaarten, diverse brieven, enz. Gelukkig was reclamedrukwerk toen nog min of meer afwezig.

Onze postbode, Edouard Lesenfants, begin vijftig, had zo de post voor Regné en Fraiture in zijn zorg. Hij was bij alle weer onderweg. Dit speelde zich af eind jaren 1930, begin 1940. Wij woonden in een van de laatste huizen van het dorp Regné, tegenover de weg naar Fraiture (lu voye du Fraîture), een onverharde weg.

Rond Nieuwjaar moest de brave postbode, naast het legen van de openbare brievenbus bevestigd aan de muur van een huis, ook kaarten aanvaarden bij de bewoners van het dorp om alles samen te sturen.

Wanneer hij bij ons aankwam, was Edouard al overladen. Omdat het de kerstvakantie was, vertrouwde de brave postbode me alle verzamelde kaarten toe in een pakket. Ik moest dat naar het postkantoor in Hébronval brengen, ongeveer 2 kilometer te voet. Als beloning gaf Edouard me royaal 1 Belgische frank voor de moeite, wat hem een deel van de last bespaarde evenals stempelwerk voor het kantoor.

Na het drinken van een kop koffie of een kom soep vervolgde de postbode zijn ronde naar het dorp Fraiture. Er lag soms sneeuw, wat de zaak er niet makkelijker op maakte.

Van mijn kant, groot jongen als ik was, goed ingepakt, met laarzen en een alpenmuts op het hoofd (geen pet want ik was geen vaste ambtenaar), begaf ik me naar de afgesproken plek om het voornoemde pakket af te geven.

Op de terugweg profiteerde ik van de fooi die me was gegeven om een reep chocolade te kopen. Ik was vooral geïnteresseerd in de plaatjes (chromos) in de verpakking. Ik was al een beetje verzamelaar. Tegenwoordig, op rijpere leeftijd, ben ik nog altijd gepassioneerd door familiefotoalbums.

Bovenop dat alles wachtte me nog een andere beloning. In het goede seizoen nam Edouard, terug van zijn ronde in Fraiture, omstreeks 13 uur, me mee op het frame van zijn fiets naar school, op 1 kilometer — het was bergafwaarts. Dat was solidariteit tussen twee kompanen…

Uit dit alles bleek dat er een reglement van kracht was. De plattelandspostbodes moesten in principe hun ronden te voet uitvoeren. Gelukkig werden door de betrokkenen bepaalde handigheidjes toegepast. In mijn dorp Regné bijvoorbeeld woonde een familie in een geïsoleerde oude molen op ongeveer 2 kilometer afstand. Er was een afspraak tussen de bewoner en de postbode om de post af te geven bij een dorpsbewoner, waar de geadresseerde ze onderweg ophaalde.

Op een dag vergezelde een postcontrôleur de postbode voor zijn ronde. Die werd te voet uitgevoerd zoals het reglement voorschreef. De slimme postbode bracht die dag de post naar de verafgelegen woning — een flinke « legale » omweg. De list had gewerkt. De volgende dag werd de fiets weer gebruikt. Misschien was dat dan toegestaan?

In de loop der jaren kwam dan de bromfiets. Tegenwoordig de bestelwagen. Misschien komt er ooit een helikopter in gebruik? Laten we in afwachting kalm blijven…

Joseph Gavroye, januari 2012

De voorbije tijd, mijn kinderjaren en adolescentie…

In de jaren 1930 hadden we net het dorp Les Tailles verlaten om ons in Regné te vestigen op de boerderij die mijn ouders hadden gehuurd.

Voor hen was het een beetje een ontwenning, hoewel…

Veel dorpsbewoners uit Les Tailles kwamen hen bezoeken, want het was een verplichte doorgangsweg naar Vielsalm, Salmchâteau of Lierneux waar winkels (ijzerhandel, landbouwmateriaal, enz.) en ook artsen en apothekers te vinden waren.

Deze voormalige voorbijgaande buren kwamen bij ons meestal te voet, soms met de fiets, langs kleinere paden die in die tijd veel gebruikt werden. Er was ook de mogelijkheid de vicinal (tram) Lierneux-Vielsalm te nemen. Die bevond zich op ongeveer twee kilometer van Regné. Het was ook de gelegenheid om de soms modderige schoenen te verwisselen.

De typisch Ardense gastvrijheid speelde zo zijn rol. Men bood de kop koffie aan die op het hoekje van het fornuis stond te pruttelen in de koffiepot. Zo bleef de band tussen vroegere dorpsburen niet helemaal verbroken, integendeel.

Anderzijds procedeerden gedurende lange maanden houthakkers afkomstig uit Les Tailles een houtkap in de buurt van Regné. Ze maakten er gebruik van om hun paarden voor de nacht in onze stallen te stallen. Het contact met de oude vrienden en buren bleef zo bestaan. Het was een goede verstandhouding, vriendschap en wederzijdse hulp…

Twee houthakkers, Edouard Henrottin en zijn zoon Gustave uit Dochamp, waren ook een tijdlang bezig met het vellen van grote beuken en eiken in een nabijgelegen bos. Gezien de afstand tussen hun dorp en de werkplek en omdat ze bekend waren met mijn ouders, kozen ze domicilie bij ons in een kamer die voor hen was gereserveerd om te rusten en de nacht door te brengen.

Als jongetje van 7 à 8 jaar genoot ik volop van al deze contacten met mensen van de streek, in perfecte harmonie met iedereen. Ik hield ervan te broedereren met mijn omgeving. Van nature nieuwsgierig deed ik mee aan deze oprechte kameraadschap. Op een dag vroeg ik de twee houthakkers om hen te vergezellen door de heuvels en dalen naar hun werkplek, wat ze aanvaardden. Helaas stroomde er op onze weg een beekje waarvan het waterpeil in die winterperiode was gestegen. Een echt dilemma deed zich voor: ofwel nat worden, ofwel grote keien gebruiken om de doorwaadbare plaats droog over te steken… Vader Henrottin, een man van een vijftig jaar, aarzelde geen moment en nam me schrijlings op zijn schouders om de rivier over te steken en de overkant te bereiken… Hetzelfde tafereel herhaalde zich op de terugweg aan het eind van de dag. Ik was toen trots om het avontuur aan de mijnen te vertellen bij het thuiskomen. Wat een prachtige geest heerste er onder ons allen. Wederzijdse hulp was op elk moment vanzelfsprekend.

Deze twee brave mannen bleven enkele maanden onze gasten om hun werk af te maken. Het waren twee moedige kerels. Helaas voor Gustave, zo zachtaardige en brave zoon, hij vond de dood als jonge soldaat op de eerste dag van de oorlog op 10 mei 1940. Hij was 22, in de bloei van zijn leven…

Dit speelde zich af op 12 mei 1940. Er had een gevecht plaatsgevonden in ons vroeger dorp Chabrehez. Die dag was mijn vader naar het gebied gegaan om nieuws te halen van twee van zijn dochters die er nog woonden; hij vond de plek verlaten van alle bewoners. Bij het bezoeken van de plek waar de gevechten twee dagen eerder hevig waren, ontdekte hij het lichaam van de ongelukkige Gustave, gedood bij zijn mitrailleur. Het was een harde klap voor mijn vader: een vriend die door iedereen zo gewaardeerd werd om zijn vriendelijkheid en goedheid…

Gustave werd nadien begraven in zijn dorp Dochamp. Een triest lot voor die jongen.

Hierover vertelde een van zijn buurvrouwen me in 2010, 71 jaar na die trieste gebeurtenissen, tijdens een telefoongesprek het trieste lot van het graf van Gustave, dat volledig verwaarloosd was. Ik was er ontdaan van en sprak er meteen met de Burgemeester over, die er niet van op de hoogte was… Er werd beloofd een gunstig gevolg te geven, wat niet meer dan rechtvaardig was voor die lokale held die zijn leven had gegeven voor het vaderland. Zaak wordt vervolgd…

Wat mijn kinderjaren betreft, als jongste van een groot gezin (ik had 12 zussen!) ging ik vaak om met volwassenen.

In 1934 werd in Rencheux (Vielsalm) een nieuwe militaire kazerne opgericht die het bolwerk van het 3de Ardense Jagers werd. Sindsdien voerden jonge rekruten vaak manoeuvres uit in de dorpen en op het platteland in de omgeving. Onze boerderij had een grote vierkante binnenplaats aan de rijksweg en op een bepaald middaguur installeerden de militairen er een veldkeuken. Op het geluid van de trompet kwamen de overal verspreide troepen bijeen voor de middagmaaltijd. Mijn legendarische nieuwsgierigheid dwong me er uiteraard bij te zijn. Ik sloot dus vriendschap met al deze gedwongen « tafelgenoten » en de kameraadschap deed de rest… Na de maaltijd nam de troep weer zijn posities in. Persoonlijk was ik in extase voor al dit troepengvertoon en al die jonge militairen…

In die tijd ging ik naar de dorpsschool. Elke schooldag moest ik er te voet naartoe, wat heen en terug ongeveer een kilometer bedroeg. Sommige dagen gebruikte ik een listigheid en omdat de weg naar de school afdaalde (men noemde het « la Rampe »), profiteerde ik van een oude postbode die met zijn fiets terugkwam van zijn ronde om me op het frame mee te nemen. Zo werden we kompanen en ik deed hem een wederdienst tijdens de wintervakantie bij zware sneeuwval, door hem te helpen postpakketten naar het postkantoor 2 kilometer verderop te dragen, wat hem enigszins verlichtte op zijn weg naar het dorp Fraiture… Ik werd een frank betaald voor de moeite! Waarmee ik een reep chocolade kon kopen inclusief de plaatjes (verzamelaar die ik al was).

In een ander register was ik ook vaak misdienaar bij de zondagsmis. In die tijd was onderwijs verplicht tot 14 jaar. Toen ik 14 werd stelde de onderwijzer, een goedbedoelend man, aan mijn vader voor me in te schrijven in een kunstschool omdat ik goed was in tekenen. De vader, die de kunstenaarsberoepen niet vertrouwde, wilde dat niet horen en stelde voor me een meer gevorderde opleiding te laten volgen. Hij moest vrij snel van gedachten veranderen, laten we zeggen om voedselredenen, en alles werd geannuleerd. Mij bleef niets anders over dan de bijkomende werkzaamheden op de boerderij te verzorgen, terwijl hijzelf de leiding behield over alles. Zoals ik eerder zei was ik de jongste van een groot gezin. Mijn vader en ik hadden 54 jaar verschil en de verstandhouding was niet perfect. Ik was natuurlijk teleurgesteld door zijn beslissing; maar in die tijd was het nakomen van de beslissingen van de ouders heilig. Een moeilijke periode in mijn adolescentie… Ik verloor mijn vader op mijn 18de en werd geëmancipeerd, dus eerder meerderjarig dan verwacht. Daarna volgde ik boekhoudcursussen via correspondentie terwijl ik de werkzaamheden op de boerderij bleef doen. Ik koerste af op een heel andere toekomst; maar dat is een ander verhaal…

Ver weg is die tijd van mijn kinderjaren, maar wat een mooie herinneringen…

Joseph Gavroye, juli 2011

De oorlog gezien vanuit het dorp

Vliegtuigzaken in oorlogstijd

Dit speelde zich al af in de jaren 1938/1939. Op bepaalde dagen, wanneer de lucht helemaal helder was, zag men witte strepen hoog in de lucht. Sommigen voorspelden een voorproefje van oorlog en vermoedden dat die vliegtuigen van grote hoogte de militaire verdedigingsdoelwitten fotografeerden.

In 1940, vanaf de lente, werden deze tekens steeds talrijker. In mei was het rampspoed en oorlog. Hoeveel formaties van Duitse bommenwerpers werden er gezien die van oost naar west naar Engeland vlogen. Dichter bij ons aarzeleden Stuka's niet om in duikvlucht de kolonnes burgerevacuees te beschieten die vermengd waren met bewegende troepen.

Daarna kwam de capitulatie…

In 1941 een lichte kalmering aan de hemelzijde. Het Westen had grotendeels de wapens neergelegd. Het was de bezetting…

Plots herpakten de Geallieerden zich en op hun beurt gingen ze het Reich bombarderen. Ze veroverden de luchtovermacht. Zo gingen elke nacht talrijke formaties geallieerde bommenwerpers van west naar oost deze keer.

Als jongen van 13/14 jaar in die tijd was ik met enkele leeftijdsgenoten. We besloten de talrijke formaties bommenwerpers te tellen die de lucht doorkruisten. We probeerden te tellen. Dat was niet eenvoudig staande op onze wankelende benen. Een voorbijgaande oudere en slimme man toonde ons hoe we het beter konden aanpakken. Het volstond op onze rug op de grond te gaan liggen. In die positie was ons lichaam stabieler en de telling nauwkeuriger. Sommige formaties van deze vliegende forten konden de honderd toestellen overschrijden zonder de talrijke escortejagers te tellen.

Al die luchtverkeersbeweging was niet altijd heel gemakkelijk of zonder risico. De Duitse jagers kwamen immers vaak de boel verstoren door de luchtaanvallers van over het Kanaal de weg te versperren. De Duitse luchtafweer deed ook zijn werk. Daardoor werden geallieerde bommenwerpers getroffen en hoewel ze probeerden terug te keren naar hun basis in Engeland, moesten ze soms onderweg hun eventuele bommen afwerpen.

Zo liet op een nacht een vliegtuig in nood vier bommen vallen op het dorp Regné. Die raakten de gemeenteschool en haar bijgebouwen vol. Gelukkig was het nacht en er vielen geen gewonden of doden onder de dorpsbewoners. Het gebouw zelf werd zo zwaar beschadigd dat het niet meer bewoonbaar was. Het vliegtuig was inmiddels volledig in de nacht verdwenen.

Op andere momenten vonden luchtgevechten plaats en werd het ene of andere toestel neergeschoten. Zo viel op een dag een Duitse jager neer in het open veld tussen Regné en Bihain (op de plaats genaamd « Fleuri »). Het toestel was neuswaarts gegaan en boorde zich in de grond, waarbij een echte krater ontstond. Het was een « bezienswaardigheid » en de kinderen van de lagere scholen in de omliggende dorpen kwamen beurtelings met hun meesters de inslag bekijken.

In de bodem van het zo gegraven gat was een beetje rook zichtbaar. De piloot had zich voor de val van het toestel geëjecteerd en werd dood gevonden op enkele meters van de crashplek. « De bezetter » eiste van de gemeente te zorgen voor bewaking van de plek door burgers aan te wijzen.

Het ongeluk had plaatsgevonden op vrijdagnamiddag en pas op zondagochtend vond er een ontploffing plaats. Een vuur smeulde in de resten van het toestel die in de grond waren doorgedrongen en delen daarvan verspreidden zich in de omgeving.

Op hetzelfde moment was er een onweersbui losgebarsten en de « bewakers » waren schuil gaan voor de regen in een schuur op enkele meters afstand. De brave lieden waren goed weggeweest. Wat als het was gebeurd tijdens het schoolbezoek? Het vuur had waarschijnlijk de kerosine-reservoirs of de munitieruimte bereikt. Misschien ook de bliksem tijdens het onweer?? Gelukkig vielen er noch gewonden noch doden.

Op een andere dag vonden luchtgevechten plaats in de regio van Verleumont en twee jonge meisjes die op het veld werkten werden gedood bij de beschieting.

Andere vliegtuigen zouden tijdens die oorlogsperiode neerstorten in een zekere straal, zoals: een vliegend fort bij Ottré, een bij Arbrefontaine, een ander bij de Baraque de Fraiture « nabij de toekomstige skibaan ». De resten van een Amerikaans jachtvliegtuig werden ontdekt in het Bois de Groumont tussen de molens van Regné en Ecdoval (Lierneux). Tijdens de winter stortte een door een majoor bestuurde Duitse jager neer bij Petites-Tailles in het bos aan de rand van de weg naar Houffalize. Hij werd ontdekt door voorbijgangers die er waren om de sneeuw van de weg te ruimen met een V-vormige sneeuwploeg getrokken door paarden. Die voorbijgangers, die het neergestorte toestel zagen in een dunbebost deel, wilden weten wat er was gebeurd. Ze ontdekten de gewonde piloot in de cockpit en slaagden erin hem te bevrijden en te laten verzorgen. Die laatste was hen dankbaar voor hun dappere daad.

Dat was de oorlog vanuit de lucht. Hoeveel andere vliegtuigwrakken zouden nog worden ontdekt op zoveel andere plaatsen.

In Duitsland zelf was het de hel door de aanhoudende bombardementen van de Geallieerden. Dat was de keerzijde van de medaille van 1940. 's Nachts, in de zomertijd, met de slaapkamerramen open, hoorde men die formaties vliegende forten passeren waarvan de krachtige motoren minuten lang rommelden. Na enige tijd hoorde men het « donderrollen » van de bombardementen op de dichtstbijzijnde plaatsen aan de grens. Men moest dus een manier vinden om een einde te maken aan die vervloekte oorlog.

Zo eindig ik mijn verhaal over die luchtvaart van de jaren 1938… tot 1945.

P.S. Aan het einde van de oorlog lanceerden de Duitsers vliegende bommen V1 en V2. Persoonlijk zag ik er een overdag neervallen richting Banneux-Lierneux. Een infernaal motorlawaai klonk in de lucht. Plotseling hield het lawaai op en ik zag het ding dat, niet langer voortgedreven, de neiging had om te keren en naar de grond viel waar het explodeerde in een verblindende vuurgloed. Er waren geen slachtoffers.

Joseph Gavroye, april 2008

Neergestorte Amerikaanse bommenwerper
Dorpsbewoners op de crashsite van een Amerikaanse bommenwerper, winter 1943-1944

Ah, die vermaledijde vriend van Alix Backus!! Door zijn laatste artikels opent hij mijn geest opnieuw voor die trieste oorlogsperiode. Ja, ik herinner me ook de val van een Amerikaans vliegtuig in de omgeving van Arbrefontaine…

Ik was destijds 14 jaar. Het was in de winter 1943/1944. Al een grote jongen, was ik door de wegenwachter van Bruggen en Wegen toegelaten om samen met een groep dorpsbewoners de sneeuw te scheppen tussen Regné en de Baraque de Fraiture. Wat een sneeuwduinen in die tijd en een oude tovenares (V-slede) getrokken door stevige trekpaarden.

Ons werk bestond erin sneeuwhoopen recht te zetten die door de noordenwind op kritieke plaatsen waren opgetast. We waren met vier « trappers », op een namiddag, bezig met dit karwei. Het had heel hard gevroren. De zon scheen mooi en er stond een zwakke wind. Het was zelfs vrij stil.

Plots kwam een viermotor Amerikaanse bommenwerper ons op lage hoogte overvliegen. We volgden hem en hij cirkelde in het rond terwijl hij hoogte verloor. Hij maakte twee of drie passages in die omstandigheden voordat hij, zoals al gezegd, neerstortte in de omgeving van Arbrefontaine. Onderling maakten we enkele opmerkingen, zoals: wat is er geworden van de bemanningsleden?… Hoe dan ook konden we niet ingrijpen wegens de afstand tot de crashplek van die grote metalen vogel.

We hervatte onze rustig geworden werkzaamheden. Een paar minuten later zagen we vanuit de Baraque de Fraiture een kleine auto (kübelwagen) aankomen met vier Duitse soldaten. Die waren uitgerust met verrekijkers en hadden geografische kaarten.

Zij hadden ook de val van het Amerikaanse vliegtuig opgemerkt en vroegen ons de weg naar de crashplek. De oudste van ons, die de campagne van de 18 dagen in mei 1940 had meegemaakt (gewond teruggekeerd), antwoordde onze gesprekspartners. Hij wees hun de kortste weg via Lierneux langs de Longs Sarts. Wetend dat die weg gesloten was wegens de overvloedige sneeuwval, wilde een van ons, de jongste, dit opmerken, maar onze oudste keek ons donker aan. We begrepen de list.

De Schleus bedankten ons met een groet en vervolgden hun weg…

Vanuit onze positie hadden we een zicht van +/- 2 kilometer in vogelvlucht op de weg van de Longs Sarts en we konden de kleine Duitse auto in de sneeuw zien vastzitten. Onze oudste legde uit waarom hij opzettelijk de indringers verkeerd had verwezen. Op die manier had hij de aankomst van de Duitsers bij het Amerikaanse vliegtuig voorkomen, zodat de eventuele vliegeniers de kans kregen te ontsnappen. Die brave man bezat de oorlogservaring. Het was gewonnen voor onze geallieerde vrienden.

Wat waren die geworden??? Zie misschien het verhaal van Alix Backus in « Le Casque ».

Joseph Gavroye

Onze eerste bevrijding in 1944

Op 10 september werden we bevrijd van de Duitse bezetter. De Duitsers trokken zich terug naar hun moederland. Ze hoopten zich te kunnen hergroeperen om het te verdedigen. Schermutselingen vonden hier en daar plaats met het plaatselijke maquis.

Ik zou in november 15 jaar worden en had mijn groei zo goed als achter de rug (1m70). Het was een zondagochtend. Enkele zeldzame Duitse tanks trokken zich terug naar het oosten. De uitdrukking op de gezichten van hun bezetters was niet geruststellend. Het was beter zich niet te veel te tonen.

Een buurman (*), iets ouder dan ik, had geweigerd in Duitsland te gaan werken tijdens de bezetting en had het maquis genomen. Op wederzijds advies van onze ouders gingen we samen ons verstoppen in een schuilplaats die was aangelegd door de vader van mijn kameraad, die metselaar van beroep was. We kozen voor een verlaten steengroeve die uithing boven de rijksweg en het dorp Regné. We bleven er gedoken van 's ochtends tot ongeveer 16 uur. Van tijd tot tijd ontploften granaten in de buurt.

Wat ons betrof, waren we goed beschermd in ons schuilhok. Na uren wachten in een zekere stilte hoorden we een aanhoudend motorgeronk vanuit het westen. We spitsten onze oren en plotseling hoorden we kreten van « leve de geallieerden » uit het dorp beneden onze schuilplaats. De Amerikaanse voorhoede was er daadwerkelijk gearriveerd. Van onze kant bleven we in ons toevluchtsoord. Daarna klonken er dichterbije kreten in onze buurt. Twee van mijn zussen kwamen ons roepen om ons het goede nieuws te melden. We bleven echter op onze hoede voordat we ons toonden. Voordat we naar buiten gingen wilde de kameraad zijn maquisardpak aantrekken om zich aan de bevrijders voor te stellen. Nauwelijks hadden we enkele stappen gezet in een holle weg of we zagen twee militairen op geringe afstand. Bang om ons tegenover twee Duitsers te bevinden, verstopten we ons haastig in een struik met de bedoeling van mijn buur om zo snel mogelijk het voornoemde overall uit te doen. Dat was geen sinecure gezien de beperkte ruimte. We zaten er een tijdje ingeklemd. Omdat mijn zussen ons niet zagen aankomen, kwamen ze ons zoeken en we wenkten ze naar ons geïmproviseerde schuilhok. Ze stelden ons gerust door te zeggen dat het twee Amerikaanse verkenners waren. Ze nodigden ons uit mee te gaan en we zouden opgaan in de geallieerden die van overal te voorschijn kwamen. Wat me het meest indruk maakte waren de terreinauto's (jeeps).

Veel later, op 75-jarige leeftijd, had ik eindelijk de kans dat voertuig een korte tijd te besturen. Ik was vervuld van vreugde.

Nauwelijks teruggekeerd naar huis klonken er schoten vanuit het oosten. Onmiddellijk reageerden Amerikaanse tanks, wat slechts een paar minuten duurde. Er werd een frontlinie gevestigd door de Amerikaanse troepen in Regné voor de nacht. Wat een schuttersputten werden er overal gegraven. Wat een stroom van geallieerde troepen. We waren « in principe » bevrijd en brachten een slapeloze nacht door in het gezelschap van enkele van die bevrijders. De volgende ochtend zette heel die militaire armada zich opnieuw in beweging richting Duitsland. Iedereen geloofde dat het gedaan was met die bezetting. Helaas zou voor de Ardenners alles drie maanden later opnieuw op de helling worden gezet door « het zogenaamde Von Rundstedt-offensief ». Dat was een echte ramp, maar dat is een ander verhaal.

(*) François Michel

Joseph Gavroye

Tweede bevrijding in januari 1945

Het gedrag van de Amerikaanse GI's was helemaal niet meer hetzelfde als bij onze eerste bevrijding in september 1944. Ditmaal moesten ze meter voor meter het terrein heroveren dat ze met Kerstmis hadden prijsgegeven. Bovendien hadden ze het koud. Overvloedige sneeuwval bevorderde hun opmars niet. Bovendien hadden de meesten van hen een gevaarlijk aanzien. Soms waren ze hard tegenover de bevolking die al getekend was door de gebeurtenissen die ze had doorgemaakt. De mentaliteit van de Yankies was dus grondig veranderd. Ze hadden bijvoorbeeld een malicieus plezier in het stukslaan van de nog bestaande meubels om zo snel mogelijk hun kampvuren te voeden. Toch hielpen ze soms de overgebleven burgerslachtoffers door hen levensmiddelen uit hun overschot te geven, zoals brood, cacao, militaire soep… enz.

Na zware gevechten werd België eindelijk volledig bevrijd eind januari 1945. Maar de zaak was berekend met dat noodlottige Offensief dat het « Von Rundstedt-offensief » werd genoemd, de Slag om het uitspringend front zoals de Amerikanen het noemden. De Duitse troepen en hun materieel waren gedecimeerd. De deur om naar Duitsland terug te keren stond nu wijd open om de Rijn te bereiken. Het beroemde « berekende risico », bedacht in september 1944, had zijn vruchten afgeworpen. Om dat te bereiken had iedereen, zowel de strijdende partijen als de burgers, de prijs moeten betalen.

Ten slotte stelde op 8 mei 1945 de onvoorwaardelijke overgave van de legers van het 3de Rijk een einde aan deze oorlog. De vrede was in Europa teruggekeerd voor lange tijd. In de loop der dagen werden de krijgsgevangenen gerepatrieerd en de concentratiekampen werden geopend. Helaas vonden sommigen hun gezin niet meer compleet terug. Hoeveel slachtoffers hadden ondertussen het leven verloren.

Na jaren van overdenking wil ik mijn eigen gevoel uitdrukken. Al die ellende die onschuldige burgers was aangedaan, was te wijten aan de beslissingen genomen door de Grote Militaire Strategen. De Ardenners werden wel degelijk opgeofferd. In België zou de regering nauwelijks reageren op die toestand. De Ardennen, een arme en dunbevolkte streek, werden verwaarloosd. Prioriteit werd gegeven aan de terugkeer van de diamantairs naar Antwerpen, want die dreigden uit te wijken naar andere landen. Bovendien was het in Brussel tijd om bepaalde decreten op te stellen (de sociale zekerheid en andere). Nochtans moest achteraf, gezien de ramp veroorzaakt door dat offensief, voorzien worden in « oorlogsschade ». Die zou lang op zich laten wachten. Mijn ouders werden bijvoorbeeld pas in 1957 vergoed, twaalf jaar later. Door de Teutoonse troepen te laten terugkeren werden op sommige plaatsen uit wraak massamoorden gepleegd (zie Bande en andere plaatsen). De vijand was in het bezit van lijsten van verzetslieden die hem hadden aangevallen tijdens de terugtrekking van september 1944. Er waren troepen gevormd voor dat doel. In de Elzas daarentegen stelden de Geallieerden voor er terrein prijs te geven. Maar daar verzette De Gaulle zich fel tegen. Na ernstige besprekingen werd de manoeuvre vermeden. Frankrijk waakte over de belangen, men deed niet zomaar van alles.

Wat te concluderen uit dit alles. Een van mijn vrienden die militaire archieven in de VS heeft kunnen raadplegen, ontdekte de geschriften van Generaal Bradley over de Grote Slag van Europa waar hij sommige van deze beslissingen herneemt: « Het berekende risico dat het mijne was, heb ik nooit betreurd te hebben genomen ».

Men moest zo snel mogelijk een einde maken aan de oorlog om de vrede te herwinnen. Er was misschien ook de kans om er een ster bij te verdienen. Waarom niet?

Persoonlijk heeft dit trieste « Ardennenoffensief », dat ik zoals zo velen heb ondergaan, me tot het einde van mijn leven getekend.

Ik was 15 jaar op dat moment.

Joseph Gavroye

Joseph Gavroye, the Cantor of Regné

Joseph Gavroye, a child of Regné (see the sobriquets section: “A mon T'chophile”) was not actually a cantor of the church of Regné. This nickname was given to him in recognition of everything he wrote about the High Ardennes of his time and particularly during the Second World War.

While he was nicknamed the “Cantor of the Ardennes”, he was above all the “Cantor of Regné”, so much did he love his village and so much did he write about it and about the Ardennes. He authored numerous books, press extracts, papers and other memories that he published or simply wrote for his family and friends.

Joseph sadly left us at the end of 2016. Joseph had the merit of being very prolific about his region and his memory never failed him when it came to the thousand and one anecdotes that marked his life. We reproduce some excerpts in these pages.

Victor Denis, Joseph Gavroye and Gaston Laurent — friends of old
Victor Denis, Joseph Gavroye (centre) and Gaston Laurent — friends of old. These three remained close until the very end, gathering every year with their wives for their annual reunion.
Joseph Gavroye at the Fagnes blockhouse
Joseph Gavroye at the Fagnes blockhouse (25 August 2010)

Village life

Altar boys in the High Ardennes

“In the twentieth century, in our High Ardennes, boys of primary school age served the priest during Mass.

It was almost an honour to dress in a robe — either red or black, depending on the occasion — topped with a white surplice and a collar matching the colour of the robe.

At the time, this role was reserved exclusively for boys. Girls would join later.

On exceptional occasions such as funerals, weddings, and the like, it was the schoolteacher who designated the pupils to ensure the service.

In general, the altar boy, in addition to serving the priest, was also responsible for ringing the bells. On these occasions, some would take the opportunity to pull the rope as far down as possible. The bell, once set in motion, returned to its position by pulling the rope back up. The more dexterous would grip the rope and climb up to a certain height before letting themselves slide back down — a real art!

During Holy Week, the bells did not ring, and the altar boys would go from house to house to announce the times of services using a rattle. As a reward, on Holy Saturday, once the bells were back in service, the brave altar boys would collect Easter eggs in a basket to share amongst themselves. That was their reward!

It should also be said that processions were organised on certain occasions. This is something almost entirely forgotten nowadays.

Here is a small personal anecdote.

During the 1940–1945 war, I was about twelve years old. The priest had the task, amongst other things, of bringing communion to elderly or sick people in their homes. One day I was chosen to accompany him. To do so I had to shake a small bell with one hand and carry a lit storm lantern with the other. Along the way, we heard the sound of horses' hooves in the distance on the main road. Dawn had barely broken. The priest ordered me to extinguish the lantern, as this was forbidden by the occupier. It was a squad of German soldiers. As I was unable to put out the lantern quickly enough, the priest sent it flying with a masterful kick. When we reached the Germans, they reined in their mounts and raised their hands to their caps to greet our endeavour with respect.

Once our mission was accomplished, we had to find the famous lantern and, after much searching, we recovered it from a clump of nettles. It was beyond use after the knock it had taken. It was wartime and one sometimes had to improvise.”

Joseph Gavroye

Easter time in my childhood

As children, we were made to believe that the bells went off to Rome during Holy Week!! So no ringing from the bell towers.

From Ash Wednesday, there was no more music during services either. It was a time of quiet and prayer…

In those days (1930s/1940s), country people still attended church regularly. Although the bells were silent, the faithful had to be notified of the times of services. The silence of the bells was then compensated for by another system.

Indeed, we altar boys (aged 7 to 14) during the Easter holidays had to announce the Mass times using a rattle. That is to say, we were equipped with an all-wooden contraption consisting of a notched roller (a kind of cog) fixed in a casing ending in a short handle. When one turned the handle, the whole thing spun on itself. A fixed slat was fitted to scrape against the notched roller, and this circular motion produced a shrill noise. Amongst ourselves, we called the contraption a “tarata”. We had to go and announce the matter from house to house. The work was shared between teams of two or three “rattlers”. People were informed of the exact time of the services. This task was carried out two or three times a day from Ash Wednesday to Holy Saturday morning.

During the Saturday Mass, the bells had, in principle, returned from their “journey”. As soon as the Gloria was intoned, all the bells were set ringing — from the small bell shaken by an altar boy to the pealing of the bells in the steeple. The organist likewise started up the music to accompany the singing. It was the Resurrection.

At the end of the service, the “rattlers” gathered together and, with a medium-sized bell, signalled their passage by going, all together, from house to house. They also carried a large wicker basket to collect Easter eggs and accept a few tips. That was indeed a reward for their journeys over the previous days.

Around noon, once the collecting round was finished, the group made its way to the presbytery where the priest presided over the sharing of the “spoils”. Everyone went home with his share of eggs and a little pocket money, satisfied with the work done.

The following day was Easter, and other duties were planned for the altar service.

P.S. After the “rattling”, one returned to church to serve at Mass. One took care to keep the rattle within reach. From time to time a “rascal” would give the roller a little turn. The sound reverberated through the building, which disturbed the priest. He would look for the culprit but everyone was standing as still as a saint. It was childish… Alas, those times are gone.

Joseph Gavroye, April 2012

An “auxiliary” postman

How the postal service has changed over a few decades. In its day, the rural postman had the task of delivering the mail from village to village. To do so, he had to travel on foot, aided by a walking stick. Attached to a thick leather strap across his shoulders, he carried an enormous bag of the same material, filled with all manner of correspondence such as newspapers, postcards, various letters, and so forth. Fortunately, advertising mail was still more or less absent.

Our postman, Edouard Lesenfants, in his mid-fifties, thus had charge of the mail destined for Regné and Fraiture. He was out in all weathers. This was at the end of the 1930s and beginning of the 1940s. We lived in one of the last houses in the village of Regné, opposite the track to Fraiture (lu voye du Fraîture), an earthen lane.

At New Year, the worthy postman, in addition to emptying the public letterbox fixed to the wall of a house, also had to accept cards at the villagers’ homes in order to collect everything for final dispatch.

When he arrived at our house, Edouard was already overburdened. Since it was the Christmas holidays, the kind postman would entrust me with all the collected cards, making up a parcel for me. I was then tasked with carrying it to the postal office in Hébronval, about two kilometres on foot. As a reward, Edouard would generously give me one Belgian franc for the errand, which relieved him of a certain load to carry and saved the office some stamping work.

After drinking a cup of coffee or a bowl of soup, the postman continued his round towards the village of Fraiture. Sometimes there was snow, which did not make things easier.

For my part, the big lad that I was, well wrapped up, booted, and with an alpine beret on my head (no kepi, since I was not an official employee), I made my way to the appointed place to deliver the said parcel.

On the way back, I made use of the tip I had been given to buy a bar of chocolate. I was particularly interested in the pictures (chromos) inside the wrapper. I was already a bit of a collector. These days, at a mature age, I still have a passion for family photograph albums.

On top of all that, another reward awaited me. In the good season, Edouard, back from his round in Fraiture at around one o’clock, would carry me on the frame of his bicycle to school, a kilometre away — downhill all the way. That was solidarity between two partners…

From all of this, it appears that a regulation was in force. Rural postmen were, in principle, required to carry out their rounds on foot. Fortunately, certain ruses were employed by those concerned. In my village of Regné, for example, one family lived in an isolated old mill about two kilometres away. An arrangement had been made between the occupant and the postman for the mail to be left with a villager, from whom the addressee would collect it in passing.

One day, a postal inspector accompanied the postman on his round. It was carried out on foot, as the regulations required. The wily postman, on that day, delivered the mail to the distant home — quite a “legal” detour. The stratagem had worked. The next day, the bicycle was back in use. Perhaps it had been authorised after all?

Over the years there came the moped. Now it’s the van. Perhaps one day the helicopter will be in use? In the meantime, let us keep calm…

Joseph Gavroye, January 2012

Times past, my childhood and adolescence…

In the 1930s, we had just left the village of Les Tailles to settle in Regné on a farm rented by my parents.

For them it was something of a change of scenery, though…

Many villagers from Les Tailles came to visit them, as it was a necessary route to Vielsalm, Salmchâteau or Lierneux, where the shops (ironmongers, farm equipment, and so forth) and also doctors and pharmacists were to be found.

These former neighbours passing through arrived mostly on foot, sometimes by bicycle, along cross-country paths that were well-trodden at the time. There was also the possibility of using the tram (vicinal) Lierneux–Vielsalm. This was about two kilometres from Regné. It was also an opportunity to change shoes that had sometimes picked up mud along the way.

The typically Ardennes hospitality thus played its part. One offered a cup of coffee that had been simmering in the coffee pot on the corner of the stove. In this way the bond between former village neighbours was not entirely broken — quite the contrary.

On another front, for many months timber workers from Les Tailles were engaged in logging a stand of timber near Regné. They took the opportunity to stable their horses in our sheds overnight. Contact with old friends and neighbours continued in this way. It was good fellowship, friendship and mutual help…

Two woodcutters, Edouard Henrottin and his son Gustave from Dochamp, were also occupied for a time felling large beeches and oaks in a nearby forest. Given the distance between their village and the workplace, and since they were known to my parents, they took up residence with us in a room set aside for their rest and overnight stays.

As the young lad I was — seven or eight years old — I made the most of all these contacts with local folk, in perfect harmony with everyone. I loved to fraternise with those around me. Naturally curious, I joined in this frank camaraderie. One day, I asked the two woodcutters to accompany them over hills and valleys to their workplace, which they accepted. Unfortunately, on our path flowed a stream whose water level had risen in that winter season. A real dilemma presented itself: either get wet, or use large stones to cross the ford without getting one’s feet wet… Father Henrottin, a man of about fifty, did not hesitate for a moment and took me astride his shoulders to cross the river and reach the far bank… The same scene repeated itself on the return journey at day’s end. I was then proud to recount the adventure to my family on arriving home. What a fine spirit reigned among us all. Mutual help was the order of the day at every moment.

These two good men remained our guests for several months to complete their work. They were two courageous fellows. Sadly for Gustave, so gentle and kind a son, he would meet his death as a young soldier on the first day of the war, 10th May 1940. He was twenty-two, in the prime of life…

This took place on 12th May 1940. A battle had unfolded in our former village of Chabrehez. That day, my father had gone to the area to get news of two of his daughters still living there; he found the place empty of all inhabitants. Visiting the spot where the fighting had raged two days before, he discovered the body of the unfortunate Gustave, killed beside his machine gun. It was a hard blow for my father: a friend so well regarded by everyone for his kindness and goodness…

Gustave was subsequently buried in his village of Dochamp. A sad fate for that young man.

On this subject, in 2010 — seventy-one years after those sad events — one of his neighbours, during a telephone conversation, told me of the sorry state of Gustave’s grave, which had been completely neglected. I was deeply moved and immediately spoke of it to the Mayor, who was unaware… A promise was made to follow the matter up favourably, which was no more than justice for that local hero who had given his life for his country. To be continued…

As for my own childhood, the youngest of a large family (I had twelve sisters!), I often spent time with adults.

In 1934, a new military barracks was established in Rencheux (Vielsalm), which was to become the stronghold of the 3rd Ardennes Chasseurs. From then on, young recruits often carried out manoeuvres in the surrounding villages and countryside. Our farm had a large square courtyard on the edge of the main road and at midday one day the soldiers set up a field kitchen there. At the sound of the bugle, the troops scattered in all directions gathered for their midday meal. My legendary curiosity meant I was of course present. I therefore fraternised with all these “forced guests” and camaraderie did the rest… Once the meal was over, the troops returned to their positions. Personally, I was in ecstasy at this display of troops and all those young soldiers…

At that time, I attended the village school. Every school day, I had to walk there and back — a round trip of about a kilometre. On some days I would resort to a ruse: since the road descended towards the school (known as “la Rampe”), I made use of an old postman returning from his round by bicycle to get a lift on the frame. We had thus become partners in crime and I returned the favour during the winter holidays in heavy snowfall, by helping him carry parcels of mail to the post office two kilometres away, which lightened his load somewhat on his way to the village of Fraiture… I was paid one franc for the trouble! Which allowed me to buy a bar of chocolate including the pictures (a collector even then).

In another area, I was also often an altar boy at Sunday Mass. At that time, education was compulsory until the age of fourteen. Once I turned fourteen, the schoolteacher, a well-meaning man, suggested to my father that he enrol me in an art school since I was gifted at drawing. My father, who had no trust in artistic professions, would not hear of it and instead proposed that I pursue more advanced studies. He was obliged to change his mind fairly quickly, for shall we say dietary reasons, and everything was cancelled. All that remained for me was to see to the secondary tasks on the farm, while he kept overall control. As I said earlier, I was the youngest of a large family. My father and I were fifty-four years apart in age and we did not always see eye to eye. I was naturally disappointed by his decision; but in those days, respect for parental decisions was sacred. A hard period to live through in my adolescence… I was to lose my father at eighteen, and I was emancipated, thus becoming of age earlier than expected. I subsequently embarked on correspondence courses in bookkeeping while continuing to work on the farm. I was steering towards a quite different future; but that is another story…

Those childhood days are far away now, but what beautiful memories…

Joseph Gavroye, July 2011

The war seen from the village

Aircraft matters in wartime

This was happening as early as 1938/1939. On certain days, when the sky was perfectly clear, white trails could be seen high up in the sky. Some predicted a foretaste of war, supposing that these aircraft were photographing military defence targets from a great height.

In 1940, from the spring onwards, such signs became increasingly frequent. In May came the catastrophe and the war. How many formations of German bomber aircraft were seen heading from east to west towards England. Closer to us, Stukas did not hesitate to machine-gun, in a diving attack, the columns of civilian evacuees intermingled with troops on the move.

Then came the capitulation…

In 1941, a slight lull on the sky front. The West had largely laid down its arms. It was the Occupation…

Suddenly the Allies rallied and in turn began bombing the Reich. They gained air supremacy. And so each night, numerous formations of Allied bombers made their way from west to east this time.

As a lad of thirteen or fourteen at the time, I was with several companions of my own age. We decided to count the many formations of bombers that criss-crossed the sky. We tried to keep count. It was no easy matter standing on unsteady legs. A savvy older man passing by pointed out how to go about it more easily. It was enough to lie on one’s back on the ground. In that position, one’s body was more stable and the counting more accurate. Some formations of these flying fortresses could exceed a hundred aircraft, not counting the numerous escort fighters.

All this aerial activity was not always straightforward or without risk. The German fighters would often come to sow confusion by trying to block the airborne assailants from across the Channel. The German anti-aircraft guns likewise did their job. Because of this, Allied bombers were hit and, though trying to return to their base in England, would sometimes find themselves obliged to jettison any remaining bombs along the way.

It was in this way that one night, an aircraft in difficulty dropped four bombs on the village of Regné. These struck the village school and its annexes full on. Fortunately it was night-time and there were no injured or dead among the villagers. The building itself was so badly damaged that it was no longer habitable. The aircraft had by then completely disappeared into the night.

At other times, aerial battles took place and one aircraft or another was shot down in the fray. Thus one day a German fighter fell in open countryside between Regné and Bihain (at the place known as “Fleuri”). The aircraft had gone in nose-first, burying itself in the ground and creating a genuine crater. It was a “curiosity” and the children from the primary schools in the surrounding villages came in turns, accompanied by their teachers, to examine the impact.

At the bottom of the hole thus dug, a little smoke was visible. The pilot had ejected before the aircraft crashed and was found dead a few metres from the impact site. “The occupier” required the local authority to arrange a guard over the site by designating civilians for the purpose.

The accident having occurred on a Friday afternoon, it was not until Sunday morning that an explosion took place. A fire had been smouldering in the wreckage of the aircraft embedded in the soil, and parts of it were scattered about the surroundings.

At the same moment, a storm had broken out and the “guards” had gone to shelter from the rain in a shed a few metres away. The brave souls had had a lucky escape. What if it had happened during the schoolchildren’s visit? The fire had no doubt reached the kerosene tanks or the ammunition bay. Perhaps also a lightning strike during the storm?? Fortunately, there were neither injured nor dead.

On another day, aerial battles took place in the Verleumont area and two young women working in the fields were killed in the gunfire.

Other aircraft would crash during that wartime period within a certain radius, such as: a flying fortress at Otré, one at Arbrefontaine, another at the Baraque de Fraiture “near the future ski run”. The wreckage of a US fighter was discovered in the Bois de Groumont between the mills of Regné and Ecdoval (Lierneux). During the winter, a German fighter piloted by a major crashed at Petites-Tailles in the woods at the edge of the Houffalize road. It was discovered by locals passing by while clearing snow from the road with a V-shaped snowplough pulled by horses. These passers-by, noticing the aircraft that had fallen in a lightly wooded area, wanted to find out what had happened. They discovered the wounded pilot in the cockpit, managed to free him, and arranged for him to receive medical attention. The pilot was grateful to them for their act of bravery.

That was the war coming from the skies. How many more aircraft wrecks were yet to be discovered in so many other places.

In Germany itself it was hell due to the incessant bombing by the Allies. That was indeed the flip side of 1940. Often at night, in summer, with the bedroom windows open, one could hear these formations of flying fortresses passing overhead, their powerful engines rumbling for long minutes. After a while, one would hear the “thunder” of the bombardments carried out at the nearest places to the border. A way therefore had to be found to put an end to that accursed war.

And so I conclude my account of that aviation of the years 1938… to 1945.

P.S. Towards the end of the war, the Germans launched flying bombs, the V1 and V2. Personally, I saw one of them fall in broad daylight towards Banneux-Lierneux. An infernal engine noise could be heard in the sky. Suddenly the noise stopped and I caught sight of the device which, no longer propelled, tended to turn back on itself and fell to the ground where it exploded in a dazzling burst of fire. There were no casualties.

Joseph Gavroye, April 2008

The crash of an American bomber
Villagers at the crash site of an American bomber, winter 1943-1944

Ah, that rascal friend of Alix Backus!! With his latest articles, he has reopened my mind to that sad wartime period. Yes indeed, I also remember the crash of a US aircraft in the vicinity of Arbrefontaine…

I was fourteen at the time. It was during the winter of 1943/1944. Already something of a big lad, I had been taken on by the road mender of Bridges and Roads to help clear snow with a shovel alongside a group of villagers between Regné and the Baraque de Fraiture. What snowdrifts there were in those days, and an old “witch” (a V-shaped sledge) pulled by sturdy draught horses.

Our work consisted of straightening out the mounds of snow that had piled up in the north wind at certain critical points. There were four of us “trappers”, one afternoon, busy with this task. It had frozen very hard. There was bright sunshine and a light wind was felt. It was even fairly calm.

All of a sudden, an American four-engine bomber came over us at low altitude. We watched it as it circled, losing altitude all the while. It made two or three passes in these conditions before going down, as already mentioned, in the vicinity of Arbrefontaine. Between ourselves, we made a few remarks, such as: what had become of the crew?… In any case, we were unable to intervene, given the distance from the crash site of that great metal bird.

We then resumed our work in the returned calm. A few minutes later, we saw a small car (a kübelwagen) approaching from the direction of the Baraque de Fraiture, carrying four German soldiers. These were equipped with binoculars and had maps.

They too had spotted the crash of the US aircraft and asked us the way to reach the impact site. The eldest among us, who had served through the eighteen-day campaign of May 1940 (having returned wounded), answered our interlocutors. He directed them along the shortest route via Lierneux, by way of the Longs Sarts. Knowing that this road was closed on account of the heavy snowfall, one of us — the youngest — made to point this out, but our elder gave us a black look. We had understood the ruse.

The Schleus thanked us with a salute and continued on their way…

From where we stood, we had a view of roughly two kilometres as the crow flies towards the Longs Sarts road and could see the small German car stuck in the snow. Our elder explained why he had deliberately given the intruders wrong directions. In this way, he had prevented the Germans from reaching the US aircraft, leaving time for any survivors of the crew to make their escape. The good man had experience of war. It was a victory for our Allied friends.

What had become of them??? See perhaps the account of Alix Backus in “Le Casque”.

Joseph Gavroye

Our first liberation in 1944

It was on 10th September that we were liberated from the German occupier. The Germans were retreating towards their homeland. They hoped to regroup to defend it. Skirmishes took place here and there with the local resistance.

I was about to turn fifteen in November and had more or less finished growing (1m70). It was a Sunday morning. A few stray German tanks were withdrawing towards the east. The expressions on their occupants’ faces were not reassuring. It was better not to show oneself too much.

A neighbour (*), somewhat older than me, had refused forced labour in Germany during the Occupation and had taken to the maquis. On the mutual advice of our parents, we both went to hide in a shelter built by my companion’s father, who was a mason by trade. We made our way to an old disused quarry that overhung the main road and the village of Regné. We remained hidden there from morning until around four in the afternoon. Shells would occasionally explode nearby.

As far as we were concerned, we were well protected in our hideout. After hours of waiting in a certain silence, we heard the continuous sound of engines coming from the west. We strained our ears and then suddenly heard cries of “long live the Allies” coming from the village below our hiding place. The US vanguard had indeed arrived. For our part, we stayed in our refuge. Then louder cries made themselves heard in our vicinity. Two of my sisters came to call out to us to tell us the good news. We nevertheless remained on our guard before showing ourselves. Before coming out, my companion wished to put on his resistance fighter’s overalls to present himself to the liberators. We had barely taken a few steps along a sunken lane when we caught sight of two soldiers at a short distance. Fearing we might be face to face with two Germans, we hastily concealed ourselves in a bush, with my neighbour intending to remove the aforementioned overalls as quickly as possible. This was no sinecure, given the confined space. We remained wedged in there for some time. Not seeing us arrive, my sisters came back to look for us and we signalled our improvised hiding place to them. They reassured us by specifying that they were two US scouts. They invited us to accompany them and we found ourselves mingling with the Allies emerging from everywhere. What most impressed me were the all-terrain jeeps.

Much later, at the age of seventy-five, I finally had the opportunity to drive that vehicle for a short while. I was in seventh heaven.

Barely back home, shots rang out from the east. Immediately US tanks returned fire, which lasted only a few minutes. A front line was established by US troops at Regné for the night. How many foxholes were dug everywhere. What a surge of Allied troops. We were “in principle” liberated and spent a sleepless night in the company of some of these liberators. The following morning, the whole military armada set off again towards Germany. Everyone believed that this occupation was finally over. Alas, for the people of the Ardennes, everything would be thrown into doubt three months later by “the so-called Von Rundstedt Offensive”. It was a veritable catastrophe, but that is another story.

(*) François Michel

Joseph Gavroye

Second liberation in January 1945

The behaviour of the American GIs was nothing like that of our first liberation in September 1944. This time, they had to fight to recover, metre by metre, the ground they had abandoned at Christmas. Moreover, they were cold. Heavy snowfalls were not helping their advance. It must also be said that most of them had a fearsome air about them. At times they were harsh towards the population, already tried by the events they had just endured. The Yankees’ mentality had therefore changed considerably. They took, for instance, a perverse pleasure in smashing whatever furniture remained in order to feed their bivouac fires as quickly as possible. On the other hand, they would also help the wretched surviving civilians by providing them with food from their surplus stocks, such as bread, cocoa, military soup… and so on.

After fierce fighting, Belgium was finally liberated in its entirety by the end of January 1945. But the matter had been calculated around that fateful offensive known as the “Von Rundstedt”, the Battle of the Bulge as the Americans called it. The German troops and their equipment had been decimated. The door to re-enter Germany was now wide open to reach the Rhine. The famous “calculated risk” devised in September 1944 had borne its fruits. To achieve this, everyone — combatants and civilians alike — had had to pay the price.

Finally, on 8th May 1945, the unconditional surrender of the armies of the Third Reich brought this war to an end. Peace had returned to Europe, for a long time. Over the ensuing days, prisoners of war were repatriated and the concentration camps were opened. Alas, some did not find their families intact on their return. How many victims had lost their lives in the meantime.

After years of reflection, I would like to offer my own view. All the misery inflicted upon innocent civilians was due to decisions taken by the Great Military Strategists. The people of the Ardennes were indeed sacrificed. In Belgium, the government would barely react to this state of affairs. The Ardennes, a poor and sparsely populated region, would be neglected. Priority was given to the return of the diamond traders to Antwerp, as they were threatening to relocate to other countries. In addition, in Brussels, the time had come to draw up certain decrees (social security and others). Yet, in hindsight, and given the disaster wrought by this offensive, provision had to be made for “war damages”. These were slow to materialise. My parents, for example, were only compensated in 1957, twelve years later. By allowing the Teutonic troops to return, massacres were perpetrated out of revenge in certain places (see Bande and other locations). The enemy was in possession of lists of resistance fighters who had harassed them during the retreat of September 1944. Troops had been formed for this purpose. In Alsace, by contrast, the Allies were proposing to yield ground. But there, De Gaulle opposed it fiercely. After serious discussions, the manoeuvre was averted. France was watching out for its interests; one could not simply do as one pleased.

What to conclude from all of this. A friend of mine who was able to consult military archives in the USA discovered the writings of General Bradley concerning the Great Battle of Europe, in which he revisits some of these decisions: “The calculated risk that was mine, I have never regretted taking it.”

One had to put an end to the war as quickly as possible to regain peace. There was perhaps also the opportunity to earn an extra star. Why not?

Personally, this sad “Battle of the Ardennes”, which I endured like so many others, will have left its mark on me until the end of my life.

I was fifteen years old at the time.

Joseph Gavroye

Joseph Gavroye, der Kantor von Regné

Joseph Gavroye, ein Kind von Regné (siehe den Abschnitt Spitznamen: „A mon T'chophile“) war nicht eigentlich ein Kantor der Kirche von Regné. Dieser Spitzname wurde ihm als Anerkennung für alles verliehen, was er über die Hochardennen seiner Zeit und insbesondere während des Zweiten Weltkriegs geschrieben hat.

Obwohl er den Spitznamen „Kantor der Ardennen“ trug, war er vor allem der „Kantor von Regné“, so sehr liebte er sein Dorf und so viel schrieb er darüber und über die Ardennen. Er verfasste zahlreiche Bücher, Presseartikel, Aufsätze und andere Erinnerungen, die er veröffentlichte oder schlicht für seine Familie und Freunde niederschrieb.

Joseph hat uns leider Ende 2016 verlassen. Joseph hatte das Verdienst, über seine Region sehr produktiv zu sein, und sein Gedächtnis ließ ihn nicht im Stich, wenn es um die tausend und eine Anekdote ging, die sein Leben geprägt hatte. Wir geben einige Auszüge auf diesen Seiten wieder.

Victor Denis, Joseph Gavroye und Gaston Laurent — die Freunde von damals
Victor Denis, Joseph Gavroye (Mitte) und Gaston Laurent — die Freunde von damals. Diese drei blieben bis zuletzt eng verbunden und trafen sich jedes Jahr mit ihren Frauen zu ihrem traditionellen Jahrestreffen.
Joseph Gavroye vor dem Bunker der Fagnes
Joseph Gavroye vor dem Bunker der Fagnes (25. August 2010)

Das Dorfleben

Die Zeit der Messdiener in den Hohen Ardennen

„Im zwanzigsten Jahrhundert dienten in unseren Hohen Ardennen Knaben im Grundschulalter dem Pfarrer während der Messe.

Es war fast eine Ehre, ein Gewand zu tragen — entweder rot oder schwarz, je nach Anlass — dazu ein weißes Chorhemd und einen Kragen in der Farbe des jeweiligen Gewandes.

Zu jener Zeit war diese Aufgabe ausschließlich den Knaben vorbehalten. Mädchen sollten später hinzukommen.

Bei besonderen Anlässen wie Beisetzungen, Hochzeiten usw. war es der Lehrer, der die Schüler für den Dienst bestimmte.

Im Allgemeinen hatte der Messdiener neben dem Bedienen des Priesters auch die Aufgabe, die Glocken zu läuten. Bei dieser Gelegenheit nutzten manche die Chance, das Seil so weit wie möglich nach unten zu ziehen. Die in Bewegung gesetzte Glocke kehrte in ihre Ausgangsstellung zurück, indem das Seil nach oben gezogen wurde. Die Geschickteren klammerten sich an das Seil und kletterten bis zu einer gewissen Höhe, bevor sie sich wieder nach unten gleiten ließen — eine wahre Kunst!

Während der Karwoche läuteten die Glocken nicht, und die Messdiener gingen von Haus zu Haus, um die Zeiten der Gottesdienste mit einer Rassel anzukündigen. Als Belohnung sammelten die braven Messdiener am Karsamstag, wenn die Glocken wieder läuteten, Ostereier in einem Korb, um sie untereinander aufzuteilen. Das war eine Belohnung!

Es sei auch erwähnt, dass bei bestimmten Anlässen Prozessionen organisiert wurden. Das ist heutzutage fast in Vergessenheit geraten.

Hier eine kleine persönliche Anekdote.

Während des Krieges 1940–1945 war ich ungefähr zwölf Jahre alt. Der Pfarrer hatte unter anderem die Aufgabe, alten oder kranken Menschen zu Hause die Kommunion zu bringen. Eines Tages wurde ich ausgewählt, den Pfarrer zu begleiten. Dazu musste ich in einer Hand ein Glöckchen schütteln und in der anderen eine brennende Sturmlaterne tragen. Unterwegs hörten wir in der Ferne Pferdehufe auf der Nationalstraße. Die Morgendämmerung war kaum angebrochen. Der Pfarrer gebot mir, die Laterne zu löschen, da dies vom Besatzer verboten war. Es handelte sich um einen Trupp deutscher Soldaten. Da ich die Laterne nicht schnell genug löschen konnte, beförderte der Pfarrer sie mit einem meisterhaften Fußtritt fort. Als wir die Deutschen erreichten, zügelten diese ihre Pferde und legten die Hand an die Mütze, um unser Vorhaben respektvoll zu begrüßen.

Nach Erfüllung unserer Mission mussten wir die berühmte Laterne wiederfinden, und nach langem Suchen entdeckten wir sie in einem Brennnesselstrauch. Sie war nach dem Stoß, den sie hatte einstecken müssen, unbrauchbar geworden. Es war Krieg, und manchmal musste man sich behelfen.“

Joseph Gavroye

Die Osterzeit meiner Kindheit

Als Kinder ließ man uns glauben, dass die Glocken in der Karwoche nach Rom fahren!! Also kein Läuten von den Kirchtürmen.

Ab Aschermittwoch gab es auch keine Musik mehr während der Gottesdienste. Es war die Zeit der Stille und des Gebets…

Damals (1930er/1940er Jahre) besuchten die Landbewohner die Kirchen noch regelmäßig. Obwohl die Glocken schwiegen, mussten die gläubigen Praktizierenden über die Zeiten der Zeremonien informiert werden. Das Schweigen der Glocken wurde dann durch ein anderes System ausgeglichen.

Wir Messdiener (7 bis 14 Jahre alt) hatten in den Osterferien die Aufgabe, die Messzeiten mit einer Rassel anzukündigen. Das heißt, wir waren mit einem ganz hölzernen Gerät ausgrüstet, das aus einer gezähnten Walze (eine Art Zahnräder) bestand, die in einem Gehäuse mit kurzem Handgriff am Ende befestigt war. Durch Drehen dieses letzteren drehte sich das Ganze um sich selbst. Eine feste Leiste war so angebracht, dass sie an der gezähnten Walze entlangscheuerte, und durch diese Drehbewegung wurde ein schriller Lärm erzeugt. Unter uns nannten wir das Ding „tarata“. Wir mussten von Haus zu Haus ziehen, um die Sache anzukündigen. Die Arbeit war auf Gruppen von zwei bis drei „Rasslern“ aufgeteilt. Die Leute wurden über die genauen Zeiten der Gottesdienste informiert. Diese Arbeit wurde zwei bis drei Mal täglich vom Aschermittwoch bis zum Samstagmorgen vor Ostern verrichtet.

Während der Samstagsmesse waren die Glocken prinzipiell von ihrer „Reise“ zurückgekehrt. Sobald das Gloria angestimmt wurde, wurden alle Glöcken in Bewegung gesetzt — vom kleinen Glöckchen, das ein Messdiener schüttelte, bis zum Läuten der Glocken im Kirchturm. Ebenso setzte der Organist die Musik wieder ein, um die Gesänge zu begleiten. Es war die Auferstehung.

Nach dem Gottesdienst versammelten sich die „Rassler“ und zogen mit einem mittelgroßen Glöckchen gemeinsam von Haus zu Haus. Sie trugen auch einen großen Weidenkorb, um Ostereier zu sammeln und einige Trinkgelder entgegenzunehmen. Das war die wohlverdiente Belohnung für die Wege der vorangegangenen Tage.

Gegen Mittag, wenn die Sammelrunde beendet war, begab sich die Gruppe zum Pfarrhaus, wo der Pfarrer die Verteilung der „Beute“ leitete. Jeder ging mit seinem Anteil Eier sowie etwas Kleingeld nach Hause und war mit der geleisteten Arbeit zufrieden.

Am nächsten Tag war Ostern, und andere Aufgaben für den Altardienst standen auf dem Programm.

P.S. Nach dem Rasseln kehrte man in die Kirche zurück, um bei der Messe zu dienen. Man sorgte dafür, die Rassel griffbereit zu halten. Von Zeit zu Zeit ließ ein „Witzbold“ die Walze kurz drehen. Der Laut hallte im Gebäude wider und störte den Pfarrer. Dieser suchte den Schuldigen, doch alle standen unbeweglich wie Heilige da. Das war kindisch… Leider sind jene Zeiten vorbei.

Joseph Gavroye, April 2012

Ein „Aushilfs“-Briefträger

Wie sehr hat sich die Post in wenigen Jahrzehnten verändert. Der Ländbriefträger hatte seinerzeit die Aufgabe, die Post von Dorf zu Dorf zuzustellen. Dazu musste er zu Fuß gehen, gestützt auf einen Stock. An einem breiten Ledergurt, der über die Schultern führte, trug er eine riesige Tasche aus demselben Material, gefüllt mit allerlei Postsendungen wie Zeitungen, Postkarten, verschiedenen Briefen usw. Glücklicherweise war Werbedrucksache damals noch mehr oder weniger abwesend.

Unser Briefträger, Edouard Lesenfants, Anfang fünfzig, hatte so die Post für Regné und Fraiture zu betreuen. Er war bei jedem Wetter unterwegs. Das spielte sich Ende der 1930er, Anfang der 1940er Jahre ab. Wir wohnten in einem der letzten Häuser des Dorfes Regné, gegenüber dem Weg nach Fraiture (lu voye du Fraîture), einem Feldweg.

Um die Neujahrszeit musste der brave Briefträger neben dem Leeren des öffentlichen Briefkastens, der an der Wand eines Hauses befestigt war, auch Karten bei den Dorfbewohnern zu Hause entgegennehmen, um alles für den endgültigen Versand zu sammeln.

Wenn er bei uns ankam, war Edouard bereits überladen. Da es die Weihnachtsferien waren, vertraute mir der brave Briefträger alle gesammelten Karten in einem Paket an. Ich war dann damit beauftragt, dieses zur Poststelle in Hébronval zu bringen, etwa zwei Kilometer zu Fuß. Als Belohnung gab mir Edouard großzügig einen belgischen Franc für den Botengang, was ihn von einer gewissen Last befreite und der Poststelle Abstempelungsarbeit ersparte.

Nachdem er eine Tasse Kaffee oder eine Schüssel Suppe getrunken hatte, setzte der Briefträger seine Runde in Richtung Fraiture fort. Es gab manchmal Schnee, was die Sache nicht erleichterte.

Meinerseits begab ich mich, der große Junge der ich war, gut eingemummt, in Stiefeln und mit einer Alpinmütze auf dem Kopf (keine Mütze, denn ich war kein offizieller Beamter), an den vorgesehenen Ort, um das erwähnte Paket abzugeben.

Auf dem Rückweg nutzte ich das mir zugeteilte Trinkgeld, um mir einen Schokoladenriegel zu kaufen. Ich war vor allem an den Bildchen (Chromos) in der Verpackung interessiert. Ich war schon ein kleiner Sammler. Heute, im reifen Alter, habe ich noch immer eine Leidenschaft für Familienfotoalben.

Darüber hinaus wartete eine weitere Belohnung auf mich. In der guten Jahreszeit nahm mich Edouard, der gegen 13 Uhr von seiner Runde in Fraiture zurückkehrte, auf dem Rahmen seines Fahrrads mit zur Schule, die einen Kilometer entfernt lag — bergab. Das war Solidarität zwischen zwei Komplizen…

Aus alledem geht hervor, dass eine Vorschrift galt. Die Ländbriefträger mussten ihre Runden prinzipiell zu Fuß durchführen. Glücklicherweise wurden von den Betroffenen gewisse Kniffe angewandt. In meinem Dorf Regné zum Beispiel wohnte eine Familie in einer abgelegenen alten Mühle, etwa zwei Kilometer entfernt. Es war eine Abmachung zwischen dem Bewohner und dem Briefträger getroffen worden, die Post bei einem Dorfbewohner zu hinterlegen, von wo sie der Adressat auf seinem Weg abholte.

Eines Tages begleitete ein Postinspektor den Briefträger auf seiner Runde. Diese wurde zu Fuß durchgeführt, wie es die Vorschrift verlangte. Der schlaue Briefträger brachte an diesem Tag die Post zur weit entfernten Wohnung — ein beträchtlicher „legaler“ Umweg. Die List hatte funktioniert. Am nächsten Tag wurde das Fahrrad wieder benutzt. Vielleicht war es doch genehmigt?

Im Laufe der Jahre kam dann das Motorrad. Heute der Lieferwagen. Vielleicht wird irgendwann der Hubschrauber im Einsatz sein? In der Zwischenzeit bleiben wir besonnen…

Joseph Gavroye, Januar 2012

Die vergangene Zeit, meine Kindheit und Jugend…

In den 1930er Jahren hatten wir gerade das Dorf Les Tailles verlassen, um uns in Regné auf dem von meinen Eltern gepachteten Bauernhof niederzulassen.

Für diese war es eine gewisse Veränderung, obwohl…

Viele Dorfbewohner aus Les Tailles kamen sie besuchen, denn es war ein notwendiger Durchgangsweg nach Vielsalm, Salmchâteau oder Lierneux, wo sich die Geschäfte (Eisenwarenhandlung, Landwirtschaftsbedarf usw.) sowie Ärzte und Apotheker befanden.

Diese ehemaligen durchreisenden Nachbarn kamen meistens zu Fuß zu uns, manchmal mit dem Fahrrad, auf Querwegen, die damals viel benutzt wurden. Es gab auch die Möglichkeit, die Straßenbahn (vicinal) Lierneux–Vielsalm zu nutzen. Diese befand sich etwa zwei Kilometer von Regné entfernt. Es war auch die Gelegenheit, die manchmal im Matsch verschmutzten Schuhe zu wechseln.

Die typisch ardennische Gastfreundschaft spielte so ihre Rolle. Man bot die Tasse Kaffee an, die im Kaffeekännchen auf dem Herd simmerte. So blieb die Verbindung zwischen ehemaligen Dorfnachbarn nicht gänzlich unterbrochen, ganz im Gegenteil.

Andererseits führten über lange Monate Holzfäller aus Les Tailles Holzarbeiten in einem Waldstück in der Nähe von Regné durch. Sie nutzten die Gelegenheit, ihre Pferde für die Nacht in unseren Ställen unterzustellen. Der Kontakt mit alten Freunden und Nachbarn blieb so bestehen. Es war ein gutes Einvernehmen, Freundschaft und gegenseitige Hilfe…

Zwei Holzfäller, Edouard Henrottin und sein Sohn Gustave aus Dochamp, waren auch eine Zeit lang damit beschäftigt, große Buchen und Eichen in einem nahe gelegenen Wald zu fällen. Angesichts der Entfernung zwischen ihrem Dorf und dem Arbeitsplatz und da sie meinen Eltern bekannt waren, wählten sie bei uns Quartier in einem für sie reservierten Zimmer zum Ausruhen und Übernachten.

Als der Junge, der ich war — 7 bis 8 Jahre alt — genoss ich alle diese Kontakte mit den Menschen der Region in bester Harmonie mit jedermann. Ich liebte es, mit meiner Umgebung zu brüdern. Von Natur aus neugierig, nahm ich an dieser offenherzigen Kameradschaft teil. Eines Tages bat ich die beiden Holzfäller, sie durch Berge und Täler zu ihrer Arbeitsstelle zu begleiten, was sie akzeptierten. Leider floss auf unserem Weg ein Bach, dessen Wasserstand in dieser Winterperiode gestiegen war. Ein echtes Dilemma stellte sich: entweder nass werden oder große Steine benutzen, um die Furt trocken zu überqueren… Vater Henrottin, ein Mann von etwa fünfzig Jahren, zögerte keinen Moment und nahm mich rüttlings auf seine Schultern, um den Fluss zu überqueren und das andere Ufer zu erreichen… Die gleiche Szene wiederholte sich auf dem Rückweg am Abend. Ich war dann stolz, meinen Lieben das Abenteuer bei meiner Heimkehr zu erzählen. Was für ein schöner Geist herrschte unter uns allen. Gegenseitige Hilfe war jederzeit selbstverständlich.

Diese beiden braven Männer blieben einige Monate unsere Gäste, um ihre Arbeit zu erfüllen. Es waren zwei mutige Kerle. Leider sollte Gustave, so sanftmütiger und braver Sohn, als junger Soldat am ersten Tag des Krieges, dem 10. Mai 1940, den Tod finden. Er war zweiundzwanzig Jahre alt, in der Blüte des Lebens…

Dies spielte sich am 12. Mai 1940 ab. In unserem ehemaligen Dorf Chabrehez hatte eine Schlacht stattgefunden. An jenem Tag war mein Vater in die Gegend gefahren, um Nachrichten von zwei seiner Töchter zu erhalten, die dort noch wohnten; er fand die Stätte leer von allen Bewohnern. Als er den Ort besichtigte, wo zwei Tage zuvor die Kämpfe gewütet hatten, entdeckte er den Leichnam des unglücklichen Gustave, der neben seinem Maschinengewehr gefallen war. Das war ein harter Schlag für meinen Vater: ein Freund, der von allen wegen seiner Freundlichkeit und Güte so geschätzt wurde…

Gustave wurde danach in seinem Dorf Dochamp begraben. Ein trauriges Schicksal für diesen Jungen.

Diesbezüglich sollte mich im Jahr 2010, einundsiebzig Jahre nach jenen traurigen Ereignissen, eine seiner Nachbarinnen bei einem Telefongespräch über das traurige Schicksal von Gustaves Grab unterrichten, das vollkommen verwahrlost war. Ich war erschüttert und sprach sofort mit dem Bürgermeister darüber, der davon nichts wusste… Es wurde versprochen, eine positive Lösung zu finden, was für diesen lokalen Helden, der sein Leben für das Vaterland gegeben hatte, nicht mehr als Gerechtigkeit war. Die Sache ist also im Gange…

Was meine Kindheit betrifft: Als Jüngster einer kinderreichen Familie (ich hatte zwölf Schwestern!) verkehrte ich häufig mit Erwachsenen.

1934 wurde in Rencheux (Vielsalm) eine neue Militärkaserne errichtet, die zur Hochburg der 3. Ardennischen Jäger werden sollte. Von da an führten junge Rekruten oft Manöver in den umliegenden Dörfern und auf dem Land durch. Unser Bauernhof besass einen großen quadratischen Hof an der Nationalstraße, und zur Mittagszeit stellten die Soldaten dort eines Tages eine Feldküche auf. Auf das Klingeln des Trompetensignals hin versammelten sich die in alle Richtungen zerstreuten Truppen zum Mittagessen. Meine legendäre Neugier zwang mich natürlich dazu, dabei zu sein. Ich schloss also Freundschaft mit all diesen „unfreiwilligen Tischgenossen“, und die Kameradschaft tat das Übrige… Nach der Mahlzeit nahmen die Truppen wieder ihre Positionen ein. Persönlich war ich entzückt von diesem Truppen-Aufmarsch und all diesen jungen Soldaten…

Zu jener Zeit besuchte ich die Dorfschule. Jeden Schultag musste ich zu Fuß dorthin gehen, was einen Hin- und Rückweg von etwa einem Kilometer ergab. An manchen Tagen griff ich zu einer List: Da die Straße zur Schule bergab führte (man nannte sie „la Rampe“), nutzte ich einen alten Briefträger, der von seiner Runde mit dem Fahrrad zurückkehrte, um mich auf dem Rahmen mitfahren zu lassen. So waren wir Komplicen geworden, und ich revanchierte mich in den Winterferien bei starkem Schneefall, indem ich ihm half, Postpakete zwei Kilometer entfernt zur Post zu tragen, was ihn auf seinem Weg nach Fraiture etwas entlastete… Ich wurde einen Franc dafür bezahlt! Was mir erlaubte, mir einen Schokoladenriegel mit Bildchen zu kaufen (Sammler wie ich schon war).

In einem anderen Bereich war ich auch oft Messdiener bei der Sonntagsmesse. Damals war die Schulpflicht bis zum 14. Lebensjahr vorgeschrieben. Mit meinen 14 Jahren schlug mir der Lehrer, ein wohlmeinender Mann, meinem Vater vor, mich an einer Kunstschule anzumelden, da ich eine Begabung für das Zeichnen hatte. Mein Vater, der den Künstlerberufen nicht traute, wollte davon nichts wissen und schlug stattdessen vor, mich weiterführende Studien absolvieren zu lassen. Er musste seine Meinung ziemlich schnell ändern, sagen wir aus ernährungsbezogenen Gründen, und alles wurde abgeblasen. Mir blieb nichts anderes übrig, als die Nebenarbeiten auf dem Bauernhof zu erledigen, während er selbst die Führung beibehielt. Wie ich früher gesagt habe, war ich der Jüngste einer kinderreichen Familie. Mein Vater und ich lagen 54 Jahre auseinander, und das Einvernehmen war nicht perfekt. Ich war natürlich über seine Entscheidung enttäuscht; aber damals war die Achtung vor elterlichen Entscheidungen heilig. Eine harte Zeit in meiner Jugend… Ich sollte mit 18 Jahren meinen Vater verlieren und für mündig erklärt werden, also früher als erwartet volljährig werden. Danach belegte ich Buchhaltungskurse per Fernunterricht, während ich weiterhin auf dem Bauernhof arbeitete. Ich steuerte auf eine ganz andere Zukunft zu; aber das ist eine andere Geschichte…

Weit weg ist jene Zeit meiner Kindheit, doch was für schöne Erinnerungen…

Joseph Gavroye, Juli 2011

Der Krieg aus dem Dorf gesehen

Flugzeuggeschichten in Kriegszeiten

Dies spielte sich schon in den Jahren 1938/1939 ab. An bestimmten Tagen, wenn der Himmel vollkommen klar war, sah man weiße Streifen hoch am Himmel. Manche sagten einen Vorgeschmack des Krieges voraus und vermuteten, dass diese Flugzeuge von großer Höhe aus die militärischen Verteidigungsziele fotografierten.

Im Jahr 1940, ab dem Frühjahr, wurden diese Anzeichen immer zahlreicher. Im Mai kam die Katastrophe und der Krieg. Wie viele Formationen deutscher Bombenflugzeuge wurden gesehen, die von Ost nach West Richtung England flogen. In unserer unmittelbaren Nähe zögerten Stukas nicht, im Sturzflug die Kolonnen ziviler Flüchtlinge zu beschießen, die sich mit Truppen in Bewegung vermischten.

Dann kam die Kapitulation…

1941 eine leichte Beruhigung auf der Himmelsseite. Der Westen hatte größtenteils die Waffen gestreckt. Es war die Besatzung…

Plötzlich rafften sich die Alliierten auf und begannen ihrerseits, das Reich zu bombardieren. Sie erlangten die Lufthoheit. So zogen jede Nacht zahlreiche Formationen alliierter Bomber diesmal von West nach Ost.

Als 13/14-jähriger Junge zu jener Zeit war ich mit einigen Altersgenossen zusammen. Wir beschlossen, die zahlreichen Bomberformationen zu zählen, die den Himmel durchquerten. Wir versuchten zu zählen. Das war nicht einfach, wenn man auf wackligen Beinen stand. Ein älterer und kluger Passant zeigte uns, wie wir es leichter angehen konnten. Es genügte, sich auf den Rücken zu legen. In dieser Lage war der Körper stabiler und das Zählen genauer. Manche Formationen dieser fliegenden Festungen konnten die hundert Flugzeuge überschreiten, die zahlreichen Begleitjäger nicht mitgerechnet.

All dieser Luftverkehr war nicht immer ganz bequem und nicht ohne Risiken. Die deutschen Jäger kamen nämlich oft, um Unruhe zu säen und den Luftangreifern von jenseits des Ärmelkanals den Weg zu versperren. Die deutsche Flugabwehr tat ebenfalls ihren Dienst. Deswegen wurden alliierte Bomber getroffen, und obwohl sie versuchten, zu ihrer Basis in England zurückzukehren, mussten sie manchmal unterwegs ihre eventuellen Bomben abwerfen.

Auf diese Weise ließ eines Nachts ein in Not geratenes Flugzeug vier Bomben auf das Dorf Regné fallen. Diese trafen die Gemeinschaftsschule und ihre Nebengebäude voll. Glücklicherweise war es Nacht, und es gab weder Verletzte noch Tote unter den Dorfbewohnern. Das Gebäude selbst wurde so stark beschädigt, dass es nicht mehr bewohnbar war. Das Flugzeug war inzwischen vollständig in der Nacht verschwunden.

Zu anderen Zeiten fanden Luftkämpfe statt, und das eine oder andere Flugzeug wurde im Kampf abgeschossen. So fiel eines Tages ein deutscher Jäger auf freiem Feld zwischen Regné und Bihain (an einer Stelle namens „Fleuri“) ab. Das Flugzeug war mit der Nase vorausgegangen und hatte sich in den Boden gebohrt, wobei ein echter Krater entstand. Das war eine „Sehenswürdigkeit“, und die Kinder der Grundschulen der umliegenden Dörfer kamen abwechselnd mit ihren Lehrern, um den Einschlag zu besichtigen.

Am Boden des so gegrabenen Loches war etwas Rauch zu sehen. Der Pilot hatte sich vor dem Absturz des Flugzeugs herausgeschleudert und wurde einige Meter vom Aufprallort entfernt tot aufgefunden. „Der Besatzer“ verlangte von der Gemeinde, eine Bewachung des Ortes durch zu bezeichnende Zivilisten einzurichten.

Da das Unglück an einem Freitagmittag eingetreten war, gab es erst am Sonntagmorgen eine Explosion. Ein Feuer schwelte in den ins Erdreich eingedrungenen Trümmern des Flugzeugs, und Teile davon verstreuten sich in der Umgebung.

Im gleichen Moment hatte ein Gewitter eingesetzt, und die „Wächter“ hatten sich in einem einige Meter entfernten Schuppen vor dem Regen geschützt. Die Braven hatten Glück gehabt. Was wäre gewesen, wenn es beim Schulausflug passiert wäre? Das Feuer hatte wahrscheinlich die Kerosin-Tanks oder das Munitionsfach erreicht. Vielleicht auch der Blitz beim Gewitter?? Glücklicherweise gab es weder Verletzte noch Tote.

An einem anderen Tag fanden Luftkämpfe in der Gegend von Verleumont statt, und zwei junge Mädchen, die auf den Feldern arbeiteten, wurden bei der Beschießung getötet.

Andere Flugzeuge sollten während jener Kriegszeit in einem gewissen Umkreis abstürzen, wie: eine fliegende Festung bei Otré, eine bei Arbrefontaine, eine weitere bei der Baraque de Fraiture „in der Nähe der künftigen Skipiste“. Die Trümmer eines US-Kampfflugzeugs wurden im Bois de Groumont zwischen den Mühlen von Regné und Ecdoval (Lierneux) entdeckt. Im Winter stürzte ein von einem Major gesteuerter deutscher Jäger bei Petites-Tailles in dem Wald am Rand der Straße nach Houffalize ab. Er wurde von Passanten entdeckt, die dort vorbeikamen und die Straße mit einem V-förmigen, von Pferden gezogenen Schneepflug räumten. Diese Passanten, die das in einem dünnbewaldeten Teil abgestürzte Flugzeug sahen, wollten herausfinden, was geschehen war. Sie entdeckten den verletzten Piloten im Cockpit, schafften es, ihn zu befreien und ihn medizinische Versorgung zu erhalten. Dieser war ihnen für ihre mutige Tat dankbar.

Das war der Krieg aus der Luft. Wie viele weitere Flugzeugtrümmer sollten noch an so vielen anderen Orten entdeckt werden.

In Deutschland selbst war es die Hölle durch die unaufhörlichen Bombardierungen der Alliierten. Das war die Kehrseite der Medaille von 1940. Nachts oft, im Sommer, bei offenen Schlafzimmerfenstern, hörte man diese Formationen fliegender Festungen überfliegen, deren übermächtige Motoren minutenlang dröhnten. Nach einer Weile vernahm man das „Donnergrollen“ der Bombardierungen an den nächstgelegenen Orten zur Grenze. Man musste also eine Möglichkeit finden, diesem verfluchten Krieg ein Ende zu setzen.

So beende ich meine Geschichte über diese Luftfahrt der Jahre 1938… bis 1945.

P.S. Gegen Ende des Krieges starteten die Deutschen fliegende Bomben V1 und V2. Persönlich sah ich eine davon tagsüber in Richtung Banneux-Lierneux fallen. Ein höllischer Motorlärm war am Himmel zu hören. Plötzlich hörte der Lärm auf, und ich sah das Ding, das, nicht mehr angetrieben, dazu neigte, umzukehren, und es fiel zu Boden, wo es in einem blendenden Feuerwerk explodierte. Es gab keine Opfer.

Joseph Gavroye, April 2008

Absturz eines amerikanischen Bombers
Dorfbewohner am Absturzort eines amerikanischen Bombers, Winter 1943-1944

Ach, dieser verfluchte Freund von Alix Backus!! Mit seinen letzten Artikeln öffnet er mein Gemüt wieder für jene traurige Kriegszeit. Ja, ich erinnere mich auch an den Absturz eines US-Flugzeugs in der Umgebung von Arbrefontaine…

Ich war damals 14 Jahre alt. Es war im Winter 1943/1944. Schon ein großer Junge, war ich vom Wegemeister der Brücken und Straßen zugelassen worden, gemeinsam mit einer Gruppe Dorfbewohner Schnee zwischen Regné und der Baraque de Fraiture zu schaufeln. Was für Schneeverwehungen es damals gab, und eine alte „Hexe“ (V-Schlitten), gezogen von kräftigen Arbeitspferden.

Unsere Arbeit bestand darin, Schneehäufen geradezurichten, die der Nordwind an bestimmten kritischen Stellen aufgetürmt hatte. Wir waren zu viert als „Trapper“, an einem Nachmittag, mit dieser Arbeit beschäftigt. Es hatte sehr stark gefroren. Die Sonne schien schön, und ein schwacher Wind war spürbar. Es war sogar ziemlich ruhig.

Plötzlich überflog uns ein amerikanischer Viermotor-Bomber in geringer Höhe. Wir beobachteten ihn, wie er kreiste und dabei an Höhe verlor. Er machte zwei oder drei Durchgänge unter diesen Umständen, bevor er, wie bereits erwähnt, in der Umgebung von Arbrefontaine abstürzte. Untereinander machten wir einige Kommentare, wie: Was ist mit den Besatzungsmitgliedern geschehen?… Auf jeden Fall konnten wir nicht eingreifen, da der Absturzort dieses großen Metallvogels zu weit entfernt war.

Dann setzten wir unsere nun wieder ruhige Arbeit fort. Einige Minuten später sahen wir von der Baraque de Fraiture her ein kleines Auto (Kübelwagen) mit vier deutschen Soldaten heranfahren. Diese waren mit Ferngläsern ausgerüstet und hatten Landkarten dabei.

Auch sie hatten den Absturz des US-Flugzeugs bemerkt und fragten uns nach dem Weg zum Aufprallort. Der Älteste unter uns, der die Kampagne der 18 Tage im Mai 1940 mitgemacht hatte (verletzt zurückgekehrt), antwortete unseren Interlocutoren. Er wies ihnen den kürzesten Weg über Lierneux via die Longs Sarts. Da einer von uns, der Jüngste, bemängeln wollte, dass diese Straße wegen der reichlichen Schneefälle gesperrt war, gab uns unser Ältester einen finsteren Blick. Wir hatten den Trick verstanden.

Die Schleus dankten uns mit einem Gruß und fuhren weiter…

Von unserem Standort aus hatten wir eine Sicht von ungefähr 2 Kilometern Luftlinie auf die Straße der Longs Sarts und konnten das kleine deutsche Auto im Schnee stecken sehen. Unser Ältester erklärte, warum er die Eindringlinge absichtlich falsch gewiesen hatte. Auf diese Weise hatte er die Ankunft der Deutschen beim US-Flugzeug verhindert und den eventuellen Fliegern Zeit zur Flucht gelassen. Der Brave besass Kriegserfahrung. Es war ein Gewinn für unsere alliierten Freunde.

Was war aus ihnen geworden??? Vielleicht in dem Bericht von Alix Backus in „Le Casque“ nachzulesen.

Joseph Gavroye

Unsere erste Befreiung im Jahr 1944

Am 10. September wurden wir vom deutschen Besatzer befreit. Die Deutschen zogen sich in Richtung ihres Mutterlandes zurück. Sie hofften, sich neu gruppieren zu können, um es zu verteidigen. An einigen Orten kam es zu Zusammenstößen mit der örtlichen Résistance.

Ich sollte im November 15 Jahre alt werden und hatte so gut wie aufgehört zu wachsen (1,70 m). Es war ein Sonntagmorgen. Einige wenige deutsche Panzer zogen sich Richtung Osten zurück. Der Gesichtsausdruck ihrer Besatzungen war nicht beruhigend. Es war besser, sich nicht zu sehr zu zeigen.

Ein Nachbar (*), etwas älter als ich, hatte sich der Zwangsarbeit in Deutschland während der Besatzung widersetzt und war in den Untergrund gegangen. Auf gegenseitigen Rat unserer Eltern gingen wir beide in einen Unterschlupf, den der Vater meines Kameraden, von Beruf Maurer, angelegt hatte. Wir suchten eine verlassene Steingrube auf, die über der Nationalstraße und dem Dorf Regné lag. Wir blieben dort von morgens bis gegen 16 Uhr versteckt. Von Zeit zu Zeit schlugen Granaten in der Nähe ein.

Was uns betraf, waren wir in unserem Versteck gut geschützt. Nach stundenlangem Warten in einer gewissen Stille hörten wir ein gleichmäßiges Motorgeräusch aus dem Westen. Wir spitzten die Ohren, als wir plötzlich Rufe von „es leben die Alliierten“ aus dem Dorf unterhalb unseres Verstecks vernahmen. Die US-Vorhut war tatsächlich eingetroffen. Wir blieben in unserem Zufluchtort. Dann wurden näher gelegene Rufe in unserer Umgebung laut. Zwei meiner Schwestern kamen, um uns die gute Nachricht zu melden. Wir blieben jedoch auf der Hut, bevor wir uns zeigten. Bevor wir nach draußen gingen, wollte mein Kamerad seinen Partisanen-Overall anziehen, um sich den Befreiern zu präsentieren. Kaum hatten wir einige Schritte in einem Hohlweg gemacht, als wir zwei Soldaten in geringer Entfernung erblickten. Aus Angst, zwei Deutschen gegenüberzustehen, versteckten wir uns hastig in einem Gebüsch, mit der Absicht meines Nachbarn, den erwähnten Overall so schnell wie möglich auszuziehen. Das war keine Kleinigkeit, angesichts der Enge des Ortes. Wir blieben eine Zeitlang darin eingeklemmt. Da meine Schwestern uns nicht kommen sahen, kamen sie uns suchen, und wir signalisierten ihnen unser improviesiertes Versteck. Sie beruhigten uns, indem sie präzisierten, dass es sich um zwei US-Späher handelte. Sie luden uns ein, sie zu begleiten, und wir mischten uns unter die von überall auftauchenden Alliierten. Was mich am meisten beeindruckte, waren die geländegängigen Jeeps.

Viel später, im Alter von 75 Jahren, hatte ich endlich die Gelegenheit, dieses Fahrzeug kurzzeitig zu fahren. Ich war selig.

Kaum nach Hause zurückgekehrt, waren Schüsse aus dem Osten zu hören. Sofort erwiderten US-Panzer das Feuer, was nur wenige Minuten dauern sollte. Von den US-Truppen wurde für die Nacht eine Frontlinie bei Regné eingerichtet. Was für Schützenlöcher wurden überall gegraben. Welch ein Ansturm alliierter Truppen. Wir waren „im Prinzip“ befreit und verbrachten eine schlaflose Nacht in Gesellschaft einiger dieser Befreier. Am nächsten Morgen setzte sich die ganze militärische Armada wieder in Richtung Deutschland in Bewegung. Alle glaubten, dass es mit dieser Besatzung vorbei war. Leider sollte für die Ardenner alles drei Monate später durch „die sogenannte Von-Rundstedt-Offensive“ wieder in Frage gestellt werden. Das war eine wahre Katastrophe, aber das ist eine andere Geschichte.

(*) François Michel

Joseph Gavroye

Zweite Befreiung im Januar 1945

Das Verhalten der amerikanischen GIs war überhaupt nicht mehr dasselbe wie bei unserer ersten Befreiung im September 1944. Diesmal mussten sie Meter für Meter das Gelände zurückerobern, das sie zu Weihnachten aufgegeben hatten. Außerdem hatten sie Kälte. Reichliche Schneefälle begünstigten ihren Vormarsch nicht. Es muss auch gesagt werden, dass die meisten von ihnen ein furcht-einflößendes Aussehen hatten. Manchmal waren sie gegenüber der Bevölkerung, die bereits durch die erlebten Ereignisse geprüft worden war, grob. Die Mentalität der Yankees hatte sich also sehr geändert. Sie hatten zum Beispiel ein bösartiges Vergnügen daran, die wenigen noch vorhandenen Möbelstücke zu zertrümmern, um ihre Biwakfeuer möglichst schnell zu speisen. Andererseits halfen sie manchmal den glücklosen überlebenden Zivilisten, indem sie ihnen Lebensmittel aus ihren Überschüssen verschafften, wie Brot, Kakao, Militärsuppe… usw.

Nach harten Kämpfen wurde Belgien schließlich Ende Januar 1945 vollständig befreit. Aber die Sache war mit jener verhängnisvollen Offensive berechnet worden, die als „Von-Rundstedt-Offensive“ bezeichnet wurde, die Ardennen-Offensive, wie die Amerikaner sie nannten. Die deutschen Truppen und ihr Material waren dezimiert worden. Die Tür zur Rückkehr nach Deutschland stand nun offen, um den Rhein zu erreichen. Das berühmte „berechnete Risiko“, das im September 1944 ersonnen wurde, hatte seine Früchte getragen. Um das zu erreichen, hatte jeder — sowohl die Kämpfenden als auch die Zivilisten — den Preis zahlen müssen.

Schließlich setzte am 8. Mai 1945 die bedingungslose Kapitulation der Armeen des 3. Reiches diesem Krieg ein Ende. Der Friede war für lange Zeit nach Europa zurückgekehrt. Im Laufe der Tage wurden die Kriegsgefangenen repatriiert und die Konzentrationslager geöffnet. Leider fanden manche ihre Familie nicht mehr vollständig. Wie viele Opfer hatten in der Zwischenzeit das Leben verloren.

Nach Jahren des Nachdenkens möchte ich mein persönliches Gefühl zum Ausdruck bringen. All das Elend, das unschuldigen Zivilisten zugefügt wurde, war auf die von den Großen Militärstrategen getroffenen Entscheidungen zurückzuführen. Die Ardenner wurden wirklich geopfert. In Belgien sollte die Regierung kaum auf diesen Sachverhalt reagieren. Die Ardennen, eine arme und dünn besiedelte Region, wurden vernachlässigt. Vorrang wurde der Rückkehr der Diamantändler nach Antwerpen gegeben, die drohten, in andere Länder abzuwandern. Außerdem war es in Brüssel an der Zeit, bestimmte Dekrete zu erlassen (Sozialversicherung und anderes). Nachträglich jedoch, angesichts des durch diese Offensive verursachten Desasters, mussten „Kriegsschäden“ vorgesehen werden. Diese ließen lange auf sich warten. Meine Eltern beispielsweise wurden erst 1957, zwölf Jahre später, entschädigt. Indem man die teutonischen Truppen zurückkehren ließ, wurden an einigen Orten aus Rache Massaker begangen (vgl. Bande und andere Orte). Der Feind besass Listen von Widerstandskämpfern, die ihn beim Rückzug im September 1944 belästigt hatten. Es waren Truppen für diesen Zweck gebildet worden. Im Elsass hingegen beabsichtigten die Alliierten, Gelände aufzugeben. Aber dort widersetzte sich De Gaulle vehement. Nach ernsthaften Gesprächen wurde das Manöver verhindert. Frankreich wachte über seine Interessen; man tat nicht einfach alles Mögliche.

Was aus alledem zu schlussfolgern ist: Ein Freund von mir, dem es gelungen war, Militärarchive in den USA einzusehen, entdeckte die Schriften von General Bradley über die Große Schlachten Europas, in denen er einige dieser Entscheidungen aufgreift: „Das berechnete Risiko, das meines war, habe ich nie bereut, es eingegangen zu sein.“

Man musste dem Krieg so schnell wie möglich ein Ende setzen, um den Frieden wiederzugewinnen. Möglicherweise war dort auch die Gelegenheit, einen Stern mehr zu gewinnen. Warum nicht?

Persönlich hat mich diese traurige „Ardennen-Offensive“, die ich wie so viele andere erlitten habe, bis zum Ende meines Lebens traumatisiert.

Ich war damals 15 Jahre alt.

Joseph Gavroye